Critique de film
A toute épreuve

Le pitch : Lycée le Corbusier, Greg et Yani passent leur bac cette année et sont prêt à tout pour arriver à leur fins. Ils envisagent un casse improbable pour voler les sujets du bac et font appel à la seule personne à avoir réussi à voler les sujets du bac dix ans auparavant.

Génération 80
 

Avec son titre en forme de clin d'oeil au chef-d’oeuvre de John Woo,  A toute épreuve, le deuxième long métrage d'Antoine Blossier investit le paysage sinistré du « teen movie » à la française avec une ambition formelle et un savoir-faire assez rare dans un pays où l'horizon de la comédie se limite bien trop souvent aux films de Danny Boon et Franck Dubosc. Après une petite série B imparfaite conçue dans le cadre de la vague des « French Frayeurs »,  le jeune réalisateur passe à la vitesse supérieure sans laisser de côté son amour du cinéma de genre qui contamine chaque plan de cette comédie à mi-chemin entre John Hughes et Joe Dante. 

Si A toute épreuve paie son tribut à tout un pan du cinéma des années 80 de Piège de cristal à Terminator  en passant par  les productions de l’âge d’or du studio Amblin, le film ne se résume pourtant pas à un catalogue rétro pour cinéphiles nostalgiques. Malgré ces références un peu trop écrasantes, Antoine Blossier s’empare des codes et de l’imagerie du cinéma de genre pour traduire en profondeur le parcours de son personnage principal qui aura à choisir entre réussite sociale et accomplissement personnel. Derrière son esprit potache et parodique, A toute épreuve est une fable sur le passage à l’âge adulte, où l’obtention du bac ressemble à une quête initiatique semée d'embûches.

L’élève et le maître
  

Tout ce qui tourne autour de l'héritage de la culture populaire et de l'amour du jeune héros pour la bande dessinée est traité avec beaucoup de justesse et une véritable croyance indéfectible dans le pouvoir de l'imaginaire. Mais au-delà de cette belle profession de foi, A toute épreuve peine cependant à susciter l'émotion et le rire en se reposant sur des gimmicks référentiels convenus et une caractérisation des personnages stéréotypée. L'ombre du tandem des Beaux Gosses plane sur l'amitié entre Thomas Solivere et Samy Seghir sans retrouver la verve du film de Riad Sattouf à l'écran. Antoine Blossier échoue au final à s'émanciper de ses illustres modèles et accouche d'une copie en demi teinte.

Malgré ses défauts d'écriture évidents et un casting formaté pour le « prime time », A toute épreuve reste un objet suffisamment rare dans la production française pour ne pas saluer le travail de son réalisateur.

Durée : 01h29

Date de sortie FR : 09-07-2014
Date de sortie BE : 09-07-2014
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 10 Juillet 2014

AUTEUR
Manuel Haas
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