Critique de film
Amazonia

C’est assez rare de pénétrer les forêts amazoniennes pour en extraire de la pellicule, tournages épiques et difficulté de la tâche sont venus à bout de motivations extrêmes. Thierry Ragobert n’a jamais lâché et il a mené à bien son projet de film animalier dans ce territoire hostile et ô combien fascinant. Echelonné sur 2 ans le tournage met en scène un petit singe capucin né en captivité qui après un accident d’avion se retrouve projeté dans son environnement naturel. Suivant la trajectoire de ce singe qui réapprend à vivre dans la jungle, l’équipe du film propose une aventure destinée aux enfants mais offre toutefois quelques images d’animaux méconnus ce qui pourra intéresser les amateurs de biodiversité.

Tourné entièrement en 3D relief, l’aventure force le respect tout en éprouvant quelques difficultés à provoquer l’émotion. Pourtant l’absence de voix off est agréable et osée, c’est par la seule force de la narration visuelle que le film tient la route et évite le piège de l’anthropomorphisme. Certes les gamins vont forcément s’identifier à cet adorable petit singe capucin qui va vivre un tas d’aventures dangereuses et exaltantes, rivière tumultueuse, pluies torrentielles, attaque d’animaux sauvages, période d’observation avec ses congénères sauvages etc… mais ils comprendront au bout du compte la simplicité du message écologique : les animaux préféreront toujours l’hostilité d’un habitat naturel à la cage ou la laisse auxquelles les hommes les contraindront.

Ces hommes, on ne les aperçoit qu’à deux reprises… ombres muettes, pilote d’avions ou déforesteurs. Seules deux petites filles au début et à la fin du film s’adressent au singe. Petite peluche distrayante au début et animal curieux qu’on essaie d’apprivoiser à la fin. Si l’histoire est assez classique et axée sur la volonté d’être comprise par les enfants, on souligne une nouvelle fois sa lisibilité… par contre les nombreux plans de coupe sur des aubes ou des crépuscules ou les gros plans sur le microcosme de la faune rampante donnent parfois le sentiment d’un remplissage injustifié. Pourquoi ne s’aventurer qu’une seule fois et très rapidement sous l’eau quand on sait que l’Amazone contient une diversité de poissons saisissante.

Dans cette histoire, les animaux ne jouent pas vraiment de rôles puisqu’ils sont pour la majorité sauvages, ils rentrent dans les cases disponibles et font souvent office de figurants. Le petit singe capucin est le plus familier, mais quel bonheur de voir des paresseux nager sur le cours d’eau, d’assister à la course d’un jaguar, écouter le chant des toucans, suivre les pérégrinations de tatous ou de coatis, découvrir les couleurs bigarrées du vautour pape, s’émouvoir devant un tapir ou tamanoir et s’émerveiller du visage écarlate du Ouakiri.

L’histoire ravira sans doute les gamins et la beauté des images, la volonté de préserver tant bien que une infime partie de ce sanctuaire vierge et inviolé, touchera je l’espère les adultes car face à la diversité déclinante de la faune et de la flore nous sommes bien peu, ce type de film construit sur l’autel de la patience, nous le prouve. Bientôt ces espèces s’éteindront, on retrouvera quelques spécimens dans des zoos et puis on consultera les films comme celui-ci pour s’en souvenir et s’en étonner encore. 

PS : On espère juste que le tournage avec ses 50 tonnes de matériel acheminé en pleine forêt tropicale n’a pas abîmé le biotope et que la dizaine de singes capucins nés en captivité et utilisés sur le tournage n’ont pas eu à souffrir de l’obligation de résultat, on repense notamment à cette traversée du fleuve sur une embarcation improbable où le singe capucin ne semble guère à la fête. 

Réalisateur : Thierry Ragobert

Acteurs : (Indisponible)

Durée : 1h22

Date de sortie FR : 27-11-2013
Date de sortie BE : 25-12-2013
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 26 Novembre 2013

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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