Critique de film
American Hero

Dans le décor dévasté de la Nouvelle-Orléans post Katrina, Melvin (Stephen Dorff) un anti-héros américain, loser devant l’éternel, fêtard clodo, accro aux seins et aux drogues, sans emploi, sans droit de visite, écume ses journées à ergoter sur la vie avec son pote Lucille revenu d’Irak en chaise roulante. Cet American (anti) Hero charge l’Amérique et ses rêves éphémères. En négligeant son don paranormal de télékinésie, Melvin déçoit les piliers de l'Amérique, famille, église, police. A quoi bon ? Qui peut-on encore sauver dans ce monde à deux vitesses,  hormis soi-même !

Réalisé par le britannique méconnu Nick Love (6ème long métrage pourtant), American Hero se moque joyeusement des blockbusters en leur proposant une alternative un peu manichéenne, budget serré, effets spéciaux rachitiques, mission de sauver le monde minimaliste. Sur le principe du docu-fiction, l’intention entre deux chaises, American Hero aborde plusieurs thématiques de front sans jamais en asseoir une seule. Pourtant on lui pardonne ses errances, son manque d’ambition aussi, parce que le personnage principal interprété par un Stephen Dorff assez proche de celui de Somewhere de Sofia Coppola, un gars qui attend que la vie passe, est finalement assez touchant. Comme son pote Lucille d’ailleurs qui devise sur l’Amérique et ses fils abandonnés, la gorge nouée d'avoir servi de chaire à canon. 

L’alternative aux blockbusters de super héros n’en est pas une. Le pouvoir est une métaphore évidente d’une reprise en mains, d'une rédemption bien américaine. Si Melvin veut un jour retrouver la garde partagée de son fils, il devra changer, devenir un homme « propre », faire quelque chose de son talent, dont il doute évidemment. Son pouvoir de télékinésie lui sert de tremplin pour se reconstruire, à l’image de ces carlingues qu’il désosse dans un cimetière de voitures, faire peau neuve en enlevant des petits bouts de soi et en se reconstruisant autrement. On ne change jamais totalement. Mais on peut survivre en assoiffant nos démons. 

American Hero a du charme, c'est déjà pas mal. 

Durée : 1h26

Date de sortie FR : 08-06-2016
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 14 Juin 2016

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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