Critique de film
C'est la fin

Succès surprise au box-office américain, This is The End, réunit la crème de la comédie US du moment. Une joyeuse bande de potes découverte sous la caméra de Judd Apatow au début des années 2000 et aujourd’hui au sommet du star-system. Les années ont passé depuis Freak and geeks et Undeclared, le noyau dur Seth Rogen, James Franco et Jay Baruchel, s’est élargi, accueillant dans la famille Jonah Hill, Danny Mc Bride, Craig Robinson et tant d’autres.

Le scénario de This is The End tient sur une boîte de cigarette. Jay Baruchel venu rendre visite à son ami Seth Rogen à Los Angeles est invité à se rendre à une soirée organisée par James Franco dans sa nouvelle demeure. Un tremblement de terre ouvre une crevasse dans le sol et engloutit la moitié du casting. L’heure est au bilan, oubliez, les mayas et le cinéma de papy Emmerich, la fin du monde aura lieu à Hollywood, entre deux blagues scatos et une bonne pipe de marie jeanne.

Première réalisation du tandem Seth Rogen/Evan Golberg, This is End étire sur près de 2 heures une idée de scénario explorée en 2007 par le duo avec Jay and Seth versus the Apocalypse, un court métrage interprété par Baruchel et Rogen dans leurs rôles respectifs. Barricadés dans leur appartement, Seth and Jay peinaient à ne pas s’entretuer, avant d’apprécier la vrai valeur de la camaraderie. L’atmosphère était lourde, pesante et anxiogène, Rogen et Golberg exploraient le «buddy movie» sous sa forme la plus radicale et transgressive.

Six ans plus tard, le ton est sensiblement différent. En élargissant le petit appartement miteux des débuts à la villa spacieuse de James Franco, le film perd de son caractère étouffant, et noie l’intensité de la relation entre Baruchel et Rogen sous une overdose de caméo et de blagues de potaches. This is The End impressionne par le nombre d’acteurs de premier plan venus faire les andouilles devant la caméra de Rogen et Golberg mais se prend vite les pieds dans le tapis. Si au petit jeu des apparitions éclairs, Michael Cera tire son épingle du jeu en égratignant son image de premier de la classe, fellation et coke à l’appui, on reste circonspect devant celles des excellents Jason Segel et Paul Rudd relégués au rang de figurants anecdotiques.

Passé cette introduction un peu laborieuse, le film prend son rythme de croisière mais se repose sur une caractérisation des personnages assez attendue. Rogen passe son temps à fumer de la marijuana, Franco joue les artistes mondains, Hill nous ressert son numéro de psychopathe hérité de Cyrus et McBride est à nouveau le connard de la bande.Le fil rouge de l'amitié entre Rogen et Baruchel est exploité sans grande finesse, et peine à susciter l’émotion.
This is The End est une grosse désillusion. L’abattage des comédiens et les effets spéciaux soignés sauvent in extremis le projet du naufrage mais la machine à rire mériterait un petit coup d’huile de coude.

Durée : O1h47

Date de sortie FR : 09-10-2013
Date de sortie BE : 17-07-2013
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 10 Octobre 2013

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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