Critique de film
Catch me daddy

Premier film de l'ancien clippeur Daniel Wolfe, présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2014, Catch me daddy est une belle baudruche de festival. A mi-chemin entre le drame social et le film de genre Catch me daddy se prend les pieds dans le tapis et frise dangereusement la sortie de route. Camouflé derrière la noblesse de son thème sociétal : le crime d'honneur, Daniel Wolfe oublie de donner chair à ses personnages au-delà de leur fonction et accouche d'un film sans affect qui derrière son vernis de sérieux sombre dans le pathos lacrymal le plus grossier.

Meurtre à l'anglaise

Narrant la course poursuite de deux marginaux Laila et son petit ami Aaron poursuivis par les hommes de mains du père de cette dernière, le film joue la carte du misérabilisme sans jamais prendre en compte l'identification du spectateur.

Inspiré par un article de la presse britannique relatant un crime d'honneur au sein de la communauté pakistanaise, Catch me daddy ne fait guère dans la dentelle et souligne, avec un déterminisme social dénué de toutes saillies romanesques, la nature profondément anxiogène de ce fait divers. Avec l'attirail du petit cinéaste de festival, Daniel Wolfe cherche à susciter l'indignation à grand renfort de scènes chocs mais cache maladroitement l'absence de point de vue de sa mise en scène.

Faux film d'auteur consensuel, Catch me daddy ne suscite jamais la réflexion et enfile les lieux communs avec un naturel désarmant. Daniel Wolfe cherche à se faire une place entre Ken Loach et Mike Leigh mais son film ressemble plus à une auto-parodie du cinéma de ses aînés qu'au grand cinéma naturaliste dont il se réclame.

Critique publiée dans le cadre du festival de Cannes 2015

Durée : 1h47

Date de sortie FR : 07-10-2015
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 23 Mai 2014

AUTEUR
Manuel Haas
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