Critique de film
Chelli

Présenté à la dernière Quinzaine des Réalisateurs, Chelli, premier long métrage du réalisateur Asaf Korman est un huis-clos sur la relation fusionnelle qui unit deux sœurs dont l’une est handicapée mentale. Tiré de l’histoire personnelle de l’actrice principale et scénariste Liron Ben Shlush (par ailleurs compagne du réal), le scénario, qu’elle a d’ailleurs écrit, dévoile une œuvre intimiste, presque familiale, au sens de l’impression de proximité qu’elle procure aux spectateurs. En ce sens, le film est réussi. Le pari est osé car il aborde l’autisme, ou disons le handicap mental, sous un éclairage assez rare.

La plupart du temps les autistes adultes sont confiés à des cliniques spécialisées où comme le dit la comédienne principale, ils sont attachés sur des lits en attendant que la journée fasse son œuvre, ou encore gavé de médocs ils errent amorphes dans des couloirs qui sentent le chlore. La société ne sait pas quoi faire d’eux. Enfants ou adolescents sont pris en charge mais l’assistance aux adultes est plus compliquée. 

Afin d'éviter l'enfermement, Chelli a décidé de s’occuper elle-même de sa sœur et se sent indispensable même si elle concilie difficilement cette charge à temps plein et un boulot de surveillante dans un lycée. La mère de cette famille nucléaire ayant démissionné depuis belle lurette, Chelli est seule avec le miroir que lui renvoie sa sœur, éponge à émotions. Le film décrit avec finesse l’étrange sentiment qui unit un être humain à une personne malade ou déficiente mentale, cette ambivalence de sentiments qui étreint le garde-malade, qui privé d’une part de sa liberté, laisse poindre parfois, quand ça lui échappe, de l’aigreur ou du sadisme (cfr la semaine du bain). Il aborde aussi avec force la sensation d’être indispensable et quand un homme entre dans la vie de Chelli, celle-ci se voit presque privée de sa relation exclusive. Le trio peine alors à se former, hésitant constamment entre une relation à deux ou à trois.

Et c’est là que le film s’enfonce dans les répétitions, les scènes semblent tout à coup se dupliquer comme pour marquer davantage le coup, le huis clos devient alors l’expression de la névrose, celle de Chelli résolue à ne pas se sortir de ce théâtre de l’auto-conviction. Alors qu’il était jusque là touchant et original, le film finit par devenir un peu lassant. 

Durée : 1h30

Date de sortie FR : 04-03-2015
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 04 Mars 2015

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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