Critique de film
Cop Car

D’abord le titre. Il sent bon les B-movies d’autrefois. Qui se souvient de The Car, cette merveilleuse péloche avec un James Brolin en flic dégoulinant de transpiration et de testostérone? Cop Car, hommage direct, partage le même goût des routes bitumées du Sud américain, de l’odeur moite de l’essence, de la bière tiède et de cette étrange musique qu’est la country. Dès le générique, on est happé dans une délicieuse ambiance vintage. Tout cela promet un plaisir décomplexé...

Ensuite le pitch. Deux gamins errent dans les prairies et tombent sur la voiture du shérif. Elle est vide et les clés les invitent à tenter une balade. Aux States, conduire est un jeu d’enfant grâce aux boîtes automatiques. Et puis, à l’intérieur, il y a des flingues et on peut roter dans le micro de la radio. De quoi remplir la journée et le mémoire de Travis (James Freedson-Jackson) et Harrison (Hays Wellford). Simple et directe, l’histoire le restera jusqu’à la fin. Mais elle sera aussi subtile. Le spectateur n’aura que rarement un longueur d’avance. On suit les (très) nombreux rebondissements avec les yeux des gosses, à leur hauteur naïve et enfantine. Si l’histoire se veut un thriller étouffant, elle est parcourue de moments drôles, voire absurdes, qui désamorcent allègrement la tension. Histoire linéaire mais double lecture. Tout ce qu’on aime!
 
 
Il y a surtout Mister Kevin Bacon. Quand le gars apparaît au générique d’une bobine, l’amateur jette un oeil intéressé. Le bougre se construit une filmographie bis (SuperDeath Sentence) du meilleur effet et semble de plus en plus jouer avec son image. Dans Cop Car, il est le shérif moustachu (tiens comme Brolin dans The Car…) mais, très rapidement, on découvre ses méthodes plutôt dignes du Far-West que de l’Amérique d'Obama. A la limite de l’auto-citation, et même souvent en plein dedans, cette tranche de Bacon est une de ses meilleures et chacune de ses apparitions suscite une jubilation complice.
 
L’emballage, enfin, est très pro. Derrière la caméra, il y a Jon Watts. Oui, celui qui va nous imposer une resucée de Spiderman en 2017. La nouvelle recrue de l’usine Marvel se taille une jolie petite réputation depuis quelques années. Ses premiers courts et le récent Clown (produit par Eli Roth) ont tapé dans l’oeil des zozos de Marvel. Faut reconnaître que le gars se débrouille bien. Cop Car pue le petit budget mais ça sent plus que bon quand on voit sa capacité à organiser un huis clos sur les routes du Colorado.
 
 
Film à la fois de genre mais jouant de ses codes, Cop Car s’avère un sacré plaisir. Il rejoint sans peine, et les dépasse peut-être, Blue RuinScenic Route ou Cold in July
 
Inédit en France, le film est disponible dans un Blu-ray anglais qui en met plein la vue et les oreilles. Alors, pour épater vos amis (« hé les gars, moi je sais qui est Jon Watts »), visiter le Colorado et surtout, se prendre un pure plaisir de cinoche, l’acquisition de l’objet est indispensable. Qui sait, c’est peut-être le dernier bon film du prodige avant sa digestion par l’ogre Marvel...
 

Durée : 01h28

Date de sortie FR : 30-12-2015
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 11 Novembre 2015

AUTEUR
Daniel Rezzo
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