Critique de film
Demain

Le cinéma sert aussi à cela, à inspirer. Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion fait partie de ces films qui donnent envie de changer, d’avancer, de créer. Le cinéma transforme le regard mais il peut aussi pousser à agir, devenir un moteur. Demain pose la question d’une fin annoncée, celle de notre planète bleue menacée de toutes parts et de sa sixième grande extinction d’espèces, de cette branche sur laquelle on saute à pieds joints, gamins inconscients ou cyniques qui veulent tester sa résistance dans un grand éclat de rire. Demain convoque des penseurs et des acteurs du monde, des gens qui ont choisi de mettre leur intelligence au service de la terre car ils estiment que nous lui sommes redevables, que ce sont ses couchers de soleil qui nous émeuvent, ses bords de mer qui nous aspirent, ses montagnes qui nous élèvent. On les entend parler et aucun ne s’avoue vaincu d’avance, tous regrettent évidemment le chant des oiseaux qui s’évadent des ciels mais ils ne se lamentent pas, ils proposent, ils cherchent des solutions.

Demain donne envie de faire un potager, de diminuer sa consommation de viande, de retourner dans une école qui penserait l’éducation non plus comme une compétition mais comme un épanouissement, il donne envie de se salir les mains et de travailler la terre, de lever ses fesses de sa chaise, de retirer son argent des banques, d’investir ses euros dans une éolienne ou un panneau solaire. Ce n’est pas si compliqué d’inventer un monde où il ferait bon vivre, un monde où la bouffe ne serait pas gavée d’OGM ou de pesticides, où la course à l’argent serait démodée, où l’on ne penserait pas uniquement à satisfaire les actionnaires, où l’école aurait un sens, où l’existence serait connectée à ce qui l’entoure.

Les solutions sont entre nos mains. En réinventant une autre façon de vivre, vu que celle-ci ne rend heureux, et encore, qu’une minorité très réduite de la population, il est possible de sauver les meubles, de nettoyer les océans, d’arrêter de creuser la terre comme on creuse son propre trou, de planter des graines et d’être pleinement satisfait de les voir pousser.

Construit de manière très didactique, impliquant une bande de joyeux lurons réunis autour de Mélanie Laurent et Cyril Dion, le documentaire ne donne aucune leçon, il cherche à comprendre comment on peut inverser la tendance. Et il s’appuie sur des exemples, en Angleterre ou à Detroit où l’on pratique l’agriculture citadine, les potagers ne sont plus sauvages mais au service de tous. Il visite les villes danoises où la mobilité est pensée pour diminuer de 75% l’utilisation des voitures. Il parle de démocratie réelle en Islande, il rêve d’un parlement avec des citoyens tirés au sort, comme pour les jurys d’assises. Il montre des écoles finnoises avec deux ou trois professeurs pour quinze élèves, où le système de notation a disparu, où les élèves ne sont plus des piquets qui écoutent un prof faire crisser la craie au tableau mais où ils échangent avec lui et font leurs devoirs vautrés par terre. Il parle de monnaie locale où l’argent ne s’échappe plus au sommet du sapin mais tourne à sa base pour être réinvesti.

Quand je vois tout ce que l’homme invente, la créativité qu’il met à détruire ce qui l’entoure, rien qu’au cinéma par exemple comme il excelle à produire des catastrophes, imaginez un instant qu’un petit pourcentage de cette intelligence soit mise au service de la terre, qu’on lui rende un tant soit peu ce qu’elle nous offre. Ça ne serait pas formidable ? Ce film vous fera du bien, ne vous en privez pas.

Réalisateur : Mélanie Laurent, Cyril Dion

Acteurs : (Indisponible)

Durée : 1h58

Date de sortie FR : 02-12-2015
Date de sortie BE : 06-01-2016
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 18 Janvier 2016

AUTEUR
Cyrille Falisse
[972] articles publiés

Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES