Critique de film
Deux jours, une nuit

Alors qu'elle sort d'une dépression, Sandra (Marion Cotillard) apprend qu'elle est licenciée. Le patron de la société Solwal a tranché, ses collègues ne toucheront une prime que si elle perd son emploi. Sandra a deux jours pour les convaincre de perdre leur prime afin qu'elle conserve son emploi. Toujours fragile, au bord de la crise de nerfs, Sandra va partir au combat et aller voir chacun de ses collègues pour plaider sa cause. Démarre alors un magnifique survival social, sans doute le plus beau film des frères Dardenne. 

Survival social 

On ne lâchait pas Rosetta d'une semelle, on ne quitte pas Sandra des yeux. Sandra n'est pas Rosetta, sa rage a disparu, elle est fatiguée, au bout d'elle-même, avalant ses cachets de Xanax à la pelle et pleurant dès qu'elle se retrouve seule. C'est son mari qui la remet sans arrêt en selle, qui la pousse à se relever, à affronter ses collègues les uns après les autres, sans lui, elle s'effondre, elle meurt.

Crescendo, la mise en scène tout en plans séquences, appuyée par une simplicté désarmante acquise au prix d'une énorme travail, les Dardenne conduisent leur film à travers un survival où le personnage principal est brisé avant même d'entamer son combat. Le combat de Sandra c'est évidemment l'allégorie de tous ceux qui perdent leur emploi, d'un monde qui se désagrège dans l'injustice. Les Dardenne maîtrisent leur mise en scène de la survie de A à Z, les quelques sursauts de l'intrigue toujours aussi intelligents et surprenants finissent de nous convaincre. Le film, et je m'étonne peut-être de l'écrire, est haletant. Marion Cotillard, avec son léger accent belge, est une Rosetta abattue qui donne envie d'être protégée. Elle peut remercier les Dardenne, ils lui ont offert un rôle en or. Si on m'avait dit que les Dardenne réaliseraient un jour un survival (mon genre préféré), je ne l'aurais pas cru. Un survival qui porte leur empreinte, qui ménage toujours son suspense, sans qu'il n'avance avec ses gros sabots, un suspense discret en somme. Ils captent l'air du temps, dirigent leurs acteurs à merveille et ont un style unique. Que demander de plus ?

Durée : 01h36

Date de sortie FR : 21-05-2014
Date de sortie BE : 21-05-2014
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Kerviel
20 Mai 2014 à 14h36

carrément chauvins ces belges!
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Critique mise en ligne le 20 Mai 2014

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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