Critique de film
Du plomb dans la tête

Après Schwarzenegger le mois dernier, c’est au tour de Sylvester Stallone d’affronter le box-office en solo.
Du plomb dans la tête, signe le retour du vétéran Walter Hill sur grand écran, dix ans après son excellent film de boxe Un seul deviendra invincible. Réalisateur phare du début des années 80 (Les guerriers de la nuit, Le Gang des frères James, Sans Retour, 48 Heures), Walter Hill a connu la déchéance à l’aube des années 90, suite à une succession d’œuvres ratées et d’échecs commerciaux (Double Détente, Johnny Belle gueule, 48 heures de plus, Les pilleurs, Geronimo, Wild Bill). C’est à la télévision que cet amateur de western et ancien collaborateur de Sam Peckinpah, a refait surface signant coup sur coup le pilote de Deadwood pour HBO et la minisérie Broken Trail avec Robert Duvall.

A 71 printemps, Walter Hill renvoie les mauvais élèves John Moore (Die Hard 5 : Une journée pour vomir) et Simon West (Expendables 2) à leurs gammes. Bourré d’humour noir et pince sans rire, de séquences d’actions sèches et brutales, Du plomb dans la tête ne sombre jamais dans la surenchère facile et épileptique propre aux blockbusters actuels. Walter Hill revient au genre qui a fait sa gloire, le « buddy movie », où deux héros très différents, souvent aux antipodes l'un de l'autre, doivent travailler ensemble et, à une ou deux « punchlines » près, la mécanique fonctionne encore. En trente ans, le genre a muté passant du film policier à la pure comédie, mais Walter Hill, lui, n’a pas changé son fusil d’épaule et Du plomb dans la tête n’a rien d’un Rush Hour avec Stallone en tête d’affiche.
Stallone interprète un tueur à gage, bourru et solitaire, décidé à venger la mort de son coéquipier et assisté d’un détective asiatique (Sung kang), lui-même poursuivi par des coéquipiers véreux. La Nouvelle-Orléans, son carnaval et ses magouilles urbanistiques servent de cadre à ce règlement de compte « oldschool » et irrévérencieux.

Face à eux Jason Momoa, en barbouze loyal envers ses hommes, cherche à nous faire oublier sa participation au catastrophique remake de Conan. Sa confrontation attendue avec l’interprète mythique de Rambo constitue un climax bourrin et jubilatoire.
L’écriture est cousue de fil blanc, Sung Kang, rescapé de la saga Fast and Furious, joue les faire valoir, mais Stallone, en tueur taciturne, illumine l’écran de sa présence.
Après la déception Expendables 2, où le bonhomme semblait avoir mis de l’eau dans son vin, Stallone, nous offre une prestation haute en couleur, entre décontraction et action.
Sans sombrer dans la nostalgie « grindhouse », Du plomb dans la tête procure des petits bonheurs de cinéphiles simples, notamment pour ceux qui ont grandis biberonnés aux productions Joel Silver des années 80 (Commando, L’arme Fatale et …48 Heures).

Pur plaisir de spectateur, drôle, jouissif et bien plus incarné que l’opus récent de son vieux rival d’antan Du plomb dans la tête est l’antidote parfait aux tribulations de John Mac Clane en Europe de l’est.

 

Durée : 01h32

Date de sortie FR : 27-02-2013
Date de sortie BE : 27-02-2013
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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film streaming
03 Mars 2013 à 17h53

le titre me rappelle 'une balle dans la tête" de John Woo, mais le pitch est à des année lumière, je va le voir avec plaisir.
mistergoodmovies.net
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Critique mise en ligne le 03 Mars 2013

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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