Critique de film
Expendables 3

Les vieilles figurines du cinéma d’action sont enfin de retour pour notre nostalgie bourrine. Comme prévu, Expendables 3 reprend la même désinvolture qui faisait tout le charme de ses deux prédécesseurs : Stallone et ses potes rejouent la comédie de leur âge d’or, tout en assumant leurs rides avec une bonne dose d’auto-dérision. Inutile donc de s’attarder sur la cohérence du scénario ou le manque de réalisme de certaines scènes. Tout le plaisir réside dans le casting, et ce n’est pas pour rien que les acteurs se confondent souvent avec leurs personnages, avec des clins d’œil bien explicites sur leur carrière passée.

Exit Bruce Willis qui aurait été trop capricieux sur son salaire, Stallone a la bonne idée d’engager d’autres stars emblématiques pour relancer sa franchise, c’est ainsi que Jean-Claude Van Damme et Chuck Norris apportaient un sacré piment au deuxième volet. Cette fois, le film démarre sur les chapeaux de roues grâce au retour irrésistible de Wesley Snipes, dont la jubilation est franchement palpable après son passage en prison pour évasion fiscale (ce que le film ne manque pas de rappeler, évidemment). Puis c’est au tour du chien fou Mel Gibson de nous régaler dans le rôle du méchant traître sans scrupules. Sans oublier Antonio Banderas qui cabotine outrageusement à la perfection, et ce gros crispé de Harrison Ford qui se lâche soudain dès qu’il est aux commandes d’un hélico.

Erreur d’une nouvelle génération

Bref, ce troisième volet avait tout pour remplir son cahier des charges, sauf que Stallone accouche malheureusement de la pire FAUSSE bonne idée qui pouvait nuire à sa franchise. Alors, certes, tous ces vieux briscards ne pourront pas éternellement gagner, et il faut savoir donner sa chance à une nouvelle génération. Si l’intention est certes louable, elle donne un esprit de sérieux qui ne convient pas du tout au projet. Toute la partie où Stallone lâche ses vieux complices pour aller recruter un par un des jeunes têtes brûlées, comme Yul Brynner à la recherche des autres mercenaires, est totalement foirée car elle ne correspond plus à l’esprit de la franchise. On ne peut pas vraiment reprocher grand-chose à Kellan Lutz, Ronda Rousey, Victor Ortiz ou Glen Powell : ils font ce qu’ils peuvent, mais ils n’ont tout simplement pas leur place. On a l’impression de les voir égarés dans un film d’action lambda et sans aucune imagination, ils n’ont pas encore eu la chance de pouvoir jouer des rôles marquants qui pourraient leur permettre de jouer avec leur image. Or, c’est justement cela qui faisait l’intérêt de la saga Expendables.

Quand tous les vieux et tous les jeunes sont enfin réunis pour un spectaculaire climax final, on ne retient que les scènes des premiers, et pas du tout celles des seconds. C’est donc une impression mi-figue mi-raisin qui domine finalement à l’issue de la projection, et la crainte que Stallone laisse encore plus de place aux jeunes dans un hypothétique quatrième épisode, qui ferait donc la place au renoncement et aux adieux amers, sans la vitalité éternelle des héros immortels, même s’ils sont devenus de vieux jouets rouillés et fatigués.  

Durée : 02h05

Date de sortie FR : 20-08-2014
Date de sortie BE : 20-08-2014
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 10 Août 2014

AUTEUR
Viguen Shirvanian
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Insatiable cinéphage qui aime les grands mélos lyriques, la Nouvelle Vague française, le pinku...
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