Critique de film
Hard Day

La note d’intention de Kim Seong-Hun, le réalisateur d’Hard Day, annonce la couleur : « Je voulais réaliser un film où s’enchaînent les surprises : du frisson, du suspense, avec une touche d’action et d’humour. Je rêvais d’un film qui puisse être attrayant par le seul fait des variations entre la tension et le relâchement : un film imprévisible ». Intentions louables et prometteuses, à vrai dire Kim Seong-Hun n’est pas loin d’avoir réussi son pari ! Hard Day est un thriller avec de nombreux rebondissements, des scènes d’action dantesques et pas mal d’humour… pour le frisson par contre on repassera. En fait, le film ressemble à un vaudeville rocambolesque où le mari trompé est remplacé par un flic ripou à qui il arrive une succession d’ennuis, un mec qui ne cesse de prendre les mauvaises décisions mais qui ne peut plus faire machine arrière.

Pitch classique

En se rendant à l’enterrement de sa mère, et alors qu’il est visé par une enquête pour corruption, le commissaire Ko Gun-su renverse accidentellement un homme et constate en sortant de son véhicule qu’il est décédé. Pris de panique, il va chercher à cacher le corps, pas de body, pas d'accident… Mais quelques temps après, un témoin tente de le faire chanter.

Mise en scène diabolique

Lorgnant autant du côté des frères Coen que de Bong Joon-Ho, le jeune réalisateur coréen qui n’en est qu’à son deuxième long métrage (le précédent How the lack of love affects two men date de 2006) démarre son Hard Day sur les chapeaux de roue, réussissant à instiller progressivement une tension assez ahurissante. Après l’accident, notre ripou tombe sur un barrage de police et la scène qui s'en suit est grandiose, mélange de suspense et de burlesque. Ce qui sidère le plus dans cette introduction c’est l’aisance de la mise en scène d’une fluidité presque naturelle.

Après la volonté de constamment surprendre est louable mais elle a tendance à déstabiliser le récit. A trop vouloir en faire, notre vaillant réal, qui a passé plus de six ans sur son scénario, se perd dans un ventre mou au beau milieu du film avant qu’une scène anthologique de baston n’emporte définitivement notre adhésion. La mise en scène qui fait la part belle au talent du lisse Lee Sun-gyun et du flippant Jo Jin-woong fait des étincelles. Quel final, d’un réalisme à toute épreuve et surtout diaboliquement jouissif. Tout n’est pas égal dans ce film de fou furieux, mais au bout du compte le plaisir l’emporte largement. L’ironie sortant vainqueur du mélange des genres.

Durée : 1H41

Date de sortie FR : 07-01-2015
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 17 Décembre 2014

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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