Critique de film
Piégée

«Ne la vois pas comme une femme, ce serait une erreur… »

Cette phrase lancée par Ewan McGregor à Michael Fassbender plante à elle seule le décor du dernier opus de Steven Soderbergh, Piégée (Haywire). La femme en question, c’est Mallory Kane ( interprété par Gina Carano), un agent secret ultra-compétent, ultra-musclé et…ultra-chouquinette (oui ce n’est pas forcément incompatible, surtout quand il s’agit de la seule présence féminine pendant 90 minutes). On assiste, sous la forme de flash-backs puis de scènes contemporaines au parcours de cette fighteuse de première. Engagée pour accomplir les missions les plus délicates, elle finit (sans qu’on en comprenne forcément la raison) par tomber dans un guet-apens monté par ses propres patrons. Le film est donc une succession de plans séquences dans lesquels on la voit se dépatouiller tant avec les forces spéciales qu’avec des truands.

Malgré quelques bonnes idées, le scénario, vous l’aurez compris, n’obtient donc pas vraiment mes faveurs. C’est à la fois trop simpliste et à la fois pas suffisamment clair pour qu’on comprenne à coup sûr la cohérence des débats. Passé ce sentiment quelque peu mitigé, on se ravit par contre une nouvelle fois du génie de la mise en image de Soderbergh. L’homme est en effet connu pour être directeur photo sur plusieurs de ses propres films (il le fait d’ailleurs en employant le nom d’emprunt Peter Andrews – qui sont en fait les 2 prénoms de son père) et cela se sent. Emploi de nombreux ralentis, plans en noir blanc assez léchés, lumière subtilement tamisée, jeux avec les ombres, longs travellings aériens pour suivre les courses poursuites et surtout une marche-arrière d’anthologie dans la forêt… Bref, on s’en prend vraiment plein les yeux. Idem point de vue mise en scène : les combats sont de vrais séquences de ballet dans lesquels les pas-de-deux entre Gina Carano et Michael Fassbender puis Ewan McGregor évoquent le monde de la danse style tango enfiévré ou capoeira (allusions flagrantes à Matrix ou à… Jean-Pierre Papin). Et bizarrement, malgré les mandales monstrueuses (je rappelle que Mallory, malgré les épaules carrées, est une fille…), on peut presque par moments parler d’érotisme dans les cabrioles.

Un an après Contagion, le très prolifique réalisateur américain réunit donc une nouvelle fois une brochette d’acteurs bankable pour les besoins de son long-métrage. On a déjà cité McGregor et Fassbender, ce qui est déjà en soi un beau duo, mais parmi les différents pontes des services secrets, on a également droit à des apparitions furtives mais intéressantes de Michael Douglas, Antonio Banderas ou encore Mathieu Kassovitz. La vraie découverte du film réside donc dans la personne de Gina Carano. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la texane ne laisse pas indifférent. Notamment de par son physique – elle est à la fois charmante en robe de soirée les cheveux attachés à la fois impressionnante en catcheuse bodybuildée… Ce jeu ultra-physique ne l’empêche pourtant pas d’être juste dans ses échanges verbaux avec les acteurs plus confirmés tant on la sent à l’aise dans le personnage. Elle est en tout cas parfaite dans ce rôle taillé sur mesure, le plus dur sera sans doute pour elle de confirmer dans un contre-emploi.

Un film donc somme toute assez plaisant renforcé par une bande-son rythmée et très funky.

Durée : 1h33

Date de sortie FR : 11-07-2012
Date de sortie BE : 11-07-2012
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 01 Mai 2012

AUTEUR
Alexandre Janvier
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Rédacteur en chasse perpétuelle de nouvelles émotions cinématographiques, de grandes p...
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