Critique de film
He Never Died

Henry Rollins vient de faire un bon film. C’est un événement. Et le film est vachement bien. Et Henry est vachement bon. Dans He Never Died, il cumule les fonctions d’immortel, de cannibale, de père irresponsable et pire, de joueur de bingo. Pour les trois premières, rien de bien nouveau pour Henry. C’est un vrai dur, il parle peu et tient bien son rictus de psychopathe. Et le début du film nous convainc que les 90 prochaines minutes nous assureront tripes low cost et généreux gunshots

Henry, portrait d’un secular killer
 
On apprend assez vite que Jack (Henry Rollins, donc) s’isole du monde pour ne pas succomber à ses pulsions anthropophagiques. Un appartement pourri, son café quotidien dans un diner anonyme et des restes de cadavres lui suffisent à attendre la fin des temps. Cette mécanique défaille quand sa fille (Jordan Todosey) débarque, que d’obscurs mafieux cherchent à le coincer et que la jolie serveuse du diner (Kate Greenhouse) craque pour son physique musculeux de pseudo-cinquantenaire bien conservé. Au fond, Jack est un bon gars mais il ne faut pas le chercher. Un fois trouvé, il cède à ses envies séculaires et, tout en réglant ses problèmes, dévore ses adversaires.
 
 
Pour manger des humains, il faut les aimer
 
Et c’est là que He Never Died se démarque des productions habituelles. Jack a un coeur. Et ses tourments sont filmés de façon convaincante par Jason Krawczyk. Aidé par un scénario tout en équilibre, le réalisateur nous dépeint un gros dur aux intentions louables, traquant les méchants plutôt que les gentils. Ce n’est pas que les méchants ont meilleur goût, non… Mais autant faire d’une pierre deux coups: se remplir la panse et anéantir le mal. On y va même de sa petite larme lorsqu’à un moment-charnière du film, les Moody Blues crient leur mélancolie et que Jack ne s’est jamais senti aussi seul.
 
Du plaisir pour pas cher
 
Très bis, parfois très gore, He Never Died n’oublie pas la touche d’humour noir qui vient désamorcer l’ambiance sombre. On sent l’attention portée aux dialogues, le soin de la description des personnages et le recours parfait au sound design. L’économie de moyens évidente est compensée par une économie de personnages, l’absence d’intrigues parallèles et l’utilisation de peu de décors, tous utilisés à merveille. Oserait-on une comparaison avec le Carpenter des débuts?
 
 
Même si le film pêche par un climax qui traîne un peu, on se régale devant la performance d’Henry Rollins qui campe un gaillard à la fois antisocial et humain, réminiscence des Terminator et Robocop des eighties. Et c’est heureusement de ce côté-là qu’on sent l’influence de Krawczyk plutôt que des rom com vampiriques à la Twilight, même si Booboo Stewart, présent sur la saga acnéique, vient montrer sa belle gueule.
 
Disponible sur Netflix après une sortie confidentielle aux Etats-Unis, He Never Died est un digne représentant d’un circuit horrifique américain qui, comme The Witch, nous rassure sur les capacités du cinéma à nous bousculer et, oui oui, nous émouvoir. 

Durée : 01h39

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 27 Mars 2016

AUTEUR
Daniel Rezzo
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