Critique de film
Inglourious Basterds

A priori le passeur critique n’est pas forcément fan de Quentin Tarantino. Il n’a jamais connu par cœur les répliques de Pulp Fiction, n’a vu en Kill Bill qu’un patchwork réussi et a trouvé ridicule Death Proof. Il y a bien eu Reservoir Dogs et Jackie Brown… Tarantino n’est pas un grand réalisateur, c’est un grand DJ ! Un génie de la BO… Bon après il rend des hommages, il remercie en rendant ce qu’on lui a donné, il a ainsi fait allégeance au film spaghetti, au Kung-fu, à Russ Meyer et à la Blaxploitation.

C’est donc avec scepticisme qu’on assista à la séance de ces Inglourious Basterds. Cette bande de justiciers juifs-américains chargée de semer la terreur dans le III Reich en tuant avec barbarie du nazi et en le scalpant court. L’ami Brad, les joues gonflées d'un accent sudiste, mène la petite troupe dans des raids plus sanglants les uns que les autres. Ulcéré d’entendre parler de ces 12 salopards, Hitler veut se changer les idées en assistant à la première du nouveau chef d’œuvre cinématographique de Goebbels narrant l’histoire d’un snipper ayant tué 300 soldats de l’Alliance en Italie. Un cinéma parisien est réquisitionné pour l’occasion, à la tête duquel la jeune Emmanuelle Mimieux, Mélanie Laurent, plus connue sous le nom de Shosanna Dreyfus, fomente une vengeance sourde depuis plusieurs années lorsque sa famille a été massacrée sous ses yeux par l’infâme Colonel Hans Landa, joué par l’acteur Christoph Waltz.

Le film est découpé en plusieurs séquences, voire plan-séquences où les répliques frappent comme des sentences. Un jeu de dialogue jouissif mêlant plaisir narratif à une tension certaine posant toujours la question métaphysique suivante : Qui va donc être dégommé en premier ? Le film continue à être truffé de clins d’yeux pour ceux qui aiment à découvrir des vieilles pierres sous les strates, pour les autres il reste l’humour distillé avec brio mais surtout la performance de Christoph Waltz (qui joue en allemand, anglais, français et italien !!!) et celle de Mélanie Laurent qui n’a jamais l’air de jouer et dans un film délire c’est loin d’être évident.

Quentin Tarantino, comme tous les obsessionnels, ne se défait pas facilement de ses démons, ces derniers ont trois noms, le pastiche, la vengeance et la boucherie. La plupart des anti-héros tanrantinien sont animés de ce désir de vengeance qui justifie à lui seul le propos du film et offre un pont doré à la troisième obsession, la rivière de sang. Le scénario finalement il s’en fout, faut que ça pète. Et qu’à la fin il s’agisse d’un cinéma nous rassure, serait-ce la métaphore d’une page tournée ? Pourtant Inglourious Basterds nous a réconciliés, les dialogues ciselés, les scènes tournoyantes mimant les jeux de roulettes à la Dear Hunter et les performances singulières de ces joyeux bâtards. Le cinéma de Tarantino n’offre pas des plongées introspectives, ne réveille pas forcément des émotions profondes mais il apporte de la joie et c’est pas si mal même si ça sonne comme la dernière pub de BMW.

Durée : 2h33

Date de sortie FR : 19-08-2009
Date de sortie BE : 19-08-2009
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 10 Juin 2012

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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