Critique de film
La Planète des Singes : L'affrontement

Ça avait été la surprise de l'été 2010. Une préquelle à la saga Planète des Singes sur le papier ça ne faisait pas nécessairement rêver. Mais force est de constater que le film de Rupert Wyatt, La Planète des Singes : les Origines, s'est révélé être un blockbuster fin, intelligent et mature, remarquablement construit et joliment spectaculaire. Le succès commercial allant de pair avec le succès artistique, une suite fut rapidement mise en chantier. Suite extrêmement prometteuse pour le coup car son rôle va être de faire le lien entre la fin de la préquelle et le film de Franklin J.Schaffner de 1968. Pourtant le film se présente sous une narration simple et presque minimaliste. Les singes sont dans la forêt et vivent paisiblement. Les humains, décimés par une épidémie, ont besoin d'avoir accès à un barrage de cette forêt pour avoir accès à l’électricité. La rencontre entre les deux espèces ne se passera pas très bien et mènera nécessairement à l'affrontement (comme le titre français le révèle de manière un peu péremptoire).

Mythologie en mode mineur

Cet affrontement sera spectaculaire, sombre et violent mais est-il suffisant ? On serait tenté de dire non. Car on reste totalement sur notre faim concernant la mythologie de la Planète des Singes. Finalement rien n'évolue vraiment entre la fin du film de Rupert Wyatt et la fin de celui-ci. On a un peu le sentiment d'assister à un épisode de transition capitalisant uniquement sur des acquis sans tenter d'aller plus loin dans les possibilités qu'offre l'univers. Le résultat est un film techniquement hallucinant qui parvient à nous faire sans cesse oublier que chacun des singes à l'écran est un avatar numérique. Il n'y a absolument aucun effet spécial visible c'est un travail véritablement titanesque de WETA. Mais cette technique n'est rien sans un scénario fort et il fait ici relativement défaut. Trop simple, trop calibré, presque caricatural que ce soit les relations entre les singes ou entre les humains, il manque de surprise. On pourrait remplacer les singes et les humains par deux peuples ennemis quelconque que ça ne changerait rien.

Tout ce qui concerne les humains est par ailleurs totalement raté. L'univers post-apocalyptique est traité par-dessus la jambe (même si ce n'est pas le sujet principal on aurait aimé un univers plus dense) et surtout les personnages sont transparents. On leur colle des traumas purement artificiels pour tenter de leur donner un peu de consistance mais ça ne marche jamais, tout cela est trop fabriqué, sonne faux. Du coup, le déséquilibre est trop grand entre un spectacle qui met sans cesse des étoiles dans les yeux (la première scène, une simple scène de chasse est à ce titre une pure merveille) mais qui ne parvient jamais à décoller vraiment et à retrouver l'intelligence et la densité de son prédécesseur.

On sort de la projection donc un peu déçu par cet épisode finalement presque dispensable du point de vue de la mythologie dont le seul thème valable qui surgit au bout de quelques minutes de film est de nous montrer que le singe est aussi un loup pour le singe. C'est un peu maigre.

Réalisateur : Matt Reeves

Acteurs : Andy Serkis, Jason Clarke, Gary Oldman

Durée : 02h11

Date de sortie FR : 30-07-2014
Date de sortie BE : 30-07-2014
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 11 Juillet 2014

AUTEUR
Grégory Audermatte
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