Critique de film
Le BGG-Le Bon Gros Géant

Spielberg, magicien des blockbusters, s'attaque au livre culte de Roald Dalh : Le BGG. Une question se promène alors dans nos esprits pendant le déroulement du film : sommes-nous trop adultes pour se laisser emporter par l'aventure loufoque du BGG ou c'est Spielberg qui s'essouffle ?

Une infinie tendresse

Comme il est difficile d'être trop méchant avec Spielberg, cet amoureux du cinéma, peintre expert en aventures …  Malgré l'absence d'originalité et de surprise, il est normal de constater que ce qui reste de son cinéma, c'est bien la tendresse. Cette tendresse est touchante et semble s'installer exclusivement dans les yeux doux du géant. Il a tout du monstre attachant lorsqu'il brandit ses armes favorites : la gentillesse, la candeur et la générosité. Sa façon de se déplacer, toujours entre maladresse et extrême agilité, rappelle celle d'un pantin, d'un jouet agréable à modeler. Ce visage naïf et pourtant ridé d'histoires pourrait être le reflet de celui de son créateur à l'écran. Spielberg façonne dans ce personnage sa propre âme d'enfant, sa passion - presque jamais détrônée - pour le divertissement.

Le début de l'ennui

Hélas, le temps passe lentement. La construction du film est la plus classique qui soit et se calque sur celles des films d'aventure aux allures démodées. L'esprit bien-pensant ne semble plus d'actualité s'il n'est pas exagéré ou même dessiné de manière kitsch. Cette moralité gentillette chère à Spielberg - qui était la bienvenue dans E.T ou dans Indiana Jones – ne fait ici que renforcer un endormissement rythmé par une creuse linéarité. Le combat pour le divertissement mené par le géant et une fillette agaçante devient vain. Et l'émerveillement face aux décors et aux effets spéciaux ne suffit plus à combler les yeux mi-clos …

Épisode burlesque

Puis, le BGG prend une autre tournure le temps d'une séquence burlesque dans le palais de la Reine anglaise. La gestuelle du géant, coincé dans ce qui représente à son échelle une maison de poupée, prend tout de la maladresse de Chaplin et de celle de Buster Keaton. Spielberg tente un comique de situation efficace et, tout comme le bon gros géant en face de ses montagnes d'œufs, on se régale. C'est pendant cet instant presque grossier que notre âme d'enfant s'éveille et s'émerveille devant l'impossible. Le dénouement étouffé d'action qui prend ensuite le relais ne fait que terrasser nos émotions naïves.

La baguette créatrice d' E.T est belle et bien abîmée, du moins pour faire rêver les adultes. Le Bon Gros Géant n'est pas une mauvaise adaptation mais seulement une version visuelle lisse et dépassée. Reste la tendresse et les souvenirs qui vont avec …

Réalisateur : Steven Spielberg

Acteurs : Mark Rylance, Ruby Barnhill

Durée : 01h57

Date de sortie FR : 20-07-2016
Date de sortie BE : 20-07-2016
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Mickael
27 Juillet 2016 à 10h14

J'ai vu ce film il y a deux jours au cinéma EuropaCorp Aéroville à Tremblay-en-France (http://www.europacorpcinemas.com/), et je valide votre analyse. Le fil est "regardable", mais tire en longueur et devient donc ennuyant..
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Critique mise en ligne le 20 Juillet 2016

AUTEUR
Alice Carlos
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