Critique de film
Le dernier rempart

Annoncé comme le grand  retour d’Arnold Schwarzenegger au cinéma, Le dernier rempart (The Last Stand) est en réalité un projet bicéphale à mi-chemin entre le revival nostalgique à la sauce 80’s qui a fait la gloire de l’ex « governator » et l’actionner nouvelle génération tendance Fast and Furious. Deux écoles du cinéma d’action qui se télescopent sans jamais vraiment se rejoindre.

Le film voit l’interprète de Predator, enfiler l’uniforme de shérif d’une petite ville frontalière, rôle taillé sur mesure pour ce bon vieux Schwarzy; où ce dernier va devoir faire face à un baron de la drogue en cavale. Après un caméo pantouflard dans le dyptique Expendables où il se contentait de jouer sur son image publique, une pétoire à la main, Arnold Schwarzenegger mouille à nouveau la chemise, la punchline toujours aiguisée et le coup de poing volontaire. Du temps a passé, et à soixante-cinq printemps, la vigueur d’antan n’est plus la même mais le plaisir reste communicatif.

Comme si l’annonce du come-back de Schwarzy ne suffisait plus à garantir à elle seule la carrière du  film, les studios nous gratifient d’une sous intrigue poussive autour de la course poursuite automobile entre les ronds de cuir du FBI et le baron de la drogue interprété par l’acteur hispanique Eduardo Noriega (Blackthorn). Ce qui n’aurait dû n’être qu’une menace sourde planant sur la petite ville de Sommertson Junction, a droit ici  à un traitement hypertrophié qui tend dangereusement à déséquilibrer et ralentir la structure même du récit. L’excellent Eduardo Noriega fait bien pâle figure face au vieux chêne autrichien, et on a bien du mal à croire qu’il puisse  constituer un réel adversaire à son arrivée au poste frontière. 

Si le scénario du débutant Andrew Knauer jongle maladroitement avec les poncifs du genre, entre personnages fonctions et scènes d’actions rebattues, la réalisation du coréen Kim Jee-Woon (J’ai rencontré le diable) sauve l’ensemble du naufrage. Avec la double casquette de chef opérateur et de réalisateur, Kim Jee-Woon  assure le spectacle, magnifie sa star et nous gratifie d’une fusillade finale assez jouissive et généreuse en explosions en tout genre. L’imagerie western est revisitée avec classe au détour d’une très belle course poursuite dans un champ de maïs où les berlines remplacent les chevaux.

Le personnage de doux dingue campé par Johnny Knoxville (Jackass), double « redneck » du cinglé incarné par Song Kang-ho dans Le Bon, la Brute et le Cinglé du même réalisateur, apporte une folie salvatrice  à un scénario en mode automatique.

La commande est soignée mais on attendait un peu plus de la rencontre du cinéaste de J’ai rencontré le Diable avec la mythologie américaine.

Echec cuisant au box-office américain, Le dernier rempart  semble sonner le glas d’un cinéma d’action « oldschool »  qui a façonné toute une partie de notre imaginaire de cinéphile. Difficile de savoir, à ce stade, si cet échec est en partie dû au seul nom de Schwarzenegger en tête d’affiche ou à la volonté des producteurs de s’adresser autant aux fans nostalgiques qu’aux adeptes de tuning et de la franchise Fast and Furious.

Une chose est sûre, pour son retour sur grand écran, l’interprète  de Conan va devoir sacrément se remettre en question.

Durée : 1h47

Date de sortie FR : 23-01-2013
Date de sortie BE : 23-01-2013
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 26 Janvier 2013

AUTEUR
Manuel Haas
[60] articles publiés

Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES