Critique de film
Men in black 3

Dans la famille des “films qui ont cartonné lors des deux premiers épisodes”, je voudrai le préquelle pour clore la trilogie. Men in black troisième du nom passe donc à la 3D en ne révolutionnant rien et en se positionnant en exemple typique de l’oeuvre cinématographique de divertissement de masse qui aurait mieux fait de rester à l’état d’idée plutôt que de voir le jour.

Men in black 3, c’est l’histoire d’un accouchement difficile. En 2009, Rory Brauer, le président de Sony Entertainement annonce le troisième opus des hommes en noir, cela même avant que les deux acteurs principaux donnent leur accord. Il faudra deux ans à la firme d’origine japonaise pour convaincre Will Smith et Tommy Lee Jones. Même à l’international, le parcours du film est semé d’embûches. En France, la voix de Tommy Lee Jones a pris sa retraite et en Chine, le gouvernement a censuré 13 minutes du film où une mauvaise image de la communauté chinoise est donnée.

Parallèlement, le scénariste Etan Cohen (Idiocracy, Tonnerre sous les tropiques, Madagascar 2) est remplacé en cours d’écriture par David Koepp, le script ne plaisant pas à Sony. Le tournage fera ainsi une pause de 6 mois en 2011, le temps de boucler l’histoire.

Dommage pour Sony car si réecriture du scénario il y a eu, cela ne se ressent pas à l’écran. L’histoire est d’un classique pour un film de science-fiction décalé : “Boris l’animal” (interprété par Jemaine Clemente), enfermé sur la prison lunaire depuis 40 ans s’évade et remonte le temps pour tuer le personnage de l’agent K, tenu par Tommy Lee Jones. L’agent J (Will Smith) va donc poursuivre le vilain en 1969 pour éviter la disparition de son partenaire avec qui il partage sa mission depuis 14 ans. Une sorte de préquelle donc qui cherche à expliquer l’attitude bougonne de l’agent K mais également la jeunesse de l’agent J. Cet élément du script est d’ailleurs la seule réussite du film tant le spectateur ne s’y attend pas et tant il donne du sens à la relation qui unit les deux partenaires.
 


Côté jeu d’acteurs, on s’ennuie ferme. Des deux bords de la toile. Will Smith habitué à tenir un film à lui tout seul réussit à décrocher quelques sourires mais l’ensemble de sa prestation est médiocre, un jeu que l’on pourra certainement mettre sur le compte d’un script indigeste. Tommy Lee Jones, absent physiquement durant la seconde moitié du film, l’est tout autant durant la première partie tant il n’apporte rien. Il se fait chier comme un Neptunien mort et ses réticences à participer à ce troisième opus transpire au travers de l’écran. Jermaine Clement (l’un des deux larrons de Flight of the conchords) joue un vilain totalement caricatural qui ne dispose que de deux phrases : “Don’t call me like that” et “let’s agree to disagree” répetées une bonne demi-douzaine de fois en 100 minutes de film. Au rayon des bonnes surprises, il y a tout de même Josh Brolin, interprétant l’agent K en 1969, convaincant et charmeur ainsi que Michael Stuhlbarg (Boardwalk empire, The grey zone, A serious man, Hugo Cabret) qui campe un E.T. capable de voyager à travers le temps et différentes dimensions. Comme à son habitude, son faciès si particulier lui permet de tenir le rôle d’un freak lunaire et un peu flippant, à mi-chemin entre l’innocence d’un Buster Keaton et d’un Joker dans Batman. Enfin, notons l’absence du quintet d’extraterrestres qui font le café, surexploités pour leur humour décapant dans le second volet. On vous passe les annonces de la présence de Lady Gaga, Justin Bieber et Tim Burton qui ont précédées la sortie du film, leur image n’est présente que quelques secondes, en arrière-plan, sur des écrans flous.

Bref, on s’ennuie ferme 1h43 durant et on se console en pensant que les acteurs partagent la même langueur. Pitié messieurs les producteurs, laissez le costume noir au placard la prochaine fois.

Durée : 1h43

Date de sortie FR : 23-05-2012
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 09 Juin 2012

AUTEUR
Michaël Bastien
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