Critique de film
Northwest

On assiste actuellement à une vague de polars nordiques plus ou moins réussis. On peut citer le suédois Easy Money (dont le réalisateur, Daniel Espinosa, mène depuis une carrière florissante à Hollywood), l’islandais Black’s Game, ou encore le norvégien Headhunters. Leur particularité, leur ADN commun c’est ce mélange entre films de genre et préoccupation sociale. On sent une volonté de confronter le genre à une certaine réalité contemporaine (immigration par exemple). Le danois Northwest, réalisé par Michael Noer en représente un exemple frappant.

C’est le récit classique d’un jeune homme de banlieue qui traficote pour se faire de l’argent de poche et qui tombe peu à peu dans une criminalité que le dépasse. Le titre fait référence à l’un des quartiers multiethnique de Copenhague, réputé pour être particulièrement pauvre. Et c’est une des qualités du film que d’investir un quartier, un terrain de jeu comme un microcosme au cœur de la ville répondant à des lois différentes. Où l’on ne cherche pas à travailler honnêtement. Un quartier où les cambriolages sont considérés comme une activité normale. Un quartier où le crime devient une norme.

Similairement on peut apprécier cette volonté de rester réaliste, de ne jamais tomber dans le Scarface du pauvre. Mais au contraire l’auteur ne cesse de revendiquer sans cesse son amour premier pour ses personnages principaux avant sa fascination pour la violence, les armes et le monde de la nuit. En témoigne également cette fin très ouverte, comme une gerbe de violence coupée en plein élan sans que l’on en connaisse les conséquences. Une manière sans doute de nous dire qu’une fois que l’on a franchi la ligne il est trop tard. Peu importe ce qui arrive, la corruption a commencé à tout gangréner.

Alors si cette volonté de rester terre à terre, de ne pas sombrer dans la fulgurance gratuite est louable, elle donne également au film cette personnalité un peu diluée. Cela manque d’intensité et d’émotion et au final malgré les qualités du film il en reste le souvenir d’une œuvre sincère mais un peu quelconque.

Durée : 1h31

Date de sortie FR : 09-10-2013
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 13 Septembre 2013

AUTEUR
Grégory Audermatte
[174] articles publiés

"Schizophrène cinéphile qui s'éclate autant devant The Hobbit que devant un  B&...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES