Critique de film
Nos étoiles contraires

Le pitch : Depuis son enfance, Hazel a des problèmes respiratoires, l'obligeant à porter en permanence un tube à oxygène. Elle participe à un groupe de soutien, où elle fait la connaissance d'Augustus un jeune homme charismatique et sûr de lui qui a perdu une jambe à cause d'un cancer. Leur amitié se transforme peu à peu en amour, jusqu'au jour où la maladie revient les hanter...

Succès surprise au box-office américain, Nos étoiles contraires (The Fault in our stars) est un de ces énièmes mélodrames dégoulinants et nauséabonds dont la sainte Babylone hollywoodienne a le secret. Produit par la Fox et adapté du best-seller de l’américain John Green, le film de Josh Boone est un produit calibré pour les adolescentes prépubères et à la mise en scène impersonnelle qui fleure bon le téléfilm de fin d’après-midi. Sur fond de cancer et de métastases Nos étoiles contraires ressort sur un plateau d’argent tous les poncifs de la comédie romantique américaine mâtinée de drame hospitalier.

En tête d’affiche la jeune Shailene Doodley tire son épingle du jeu mais doit composer avec une partition bien maigrichonne et un visage défiguré par un respirateur nasal qui remplace ici les lunettes rondes et appareils dentaires fétiches des « teen movies » américains. La belle doit savoir s’enlaidir mais rester glamour. Moins bien lôti, son compagnon de jeu Ansel Elgort fait quant à lui figure d’adolescent tête à claque qui se prendrait pour James Dean avec le charisme de Taylor Lautner. Fidèle comme une bigote au livre éponyme de John Green, la réalisation de Josh Boone ne choisit jamais la voie de l’adaptation mais se contente de tourner les pages du roman sans jamais apporter un point de vue à l’ensemble. D’Indianapolis aux canaux d’Amsterdam, aucune scène n’est  escamotée avec pour dommage collatéral une durée excessive de plus de deux heures.

Au milieu de cet océan d’ennui, seule la confrontation explosive avec l’auteur du livre de chevet des deux adolescents, incarné par un Willem Dafoe impérial, réussit à sortir le pauvre spectateur de sa torpeur. Vulgaire et  brutal, son personnage d’écrivain miné par le deuil ramène un peu de noirceur et de conflit au sein d’un récit où le cancer apparaît comme un deus ex machina artificiel et putassier. Usées jusqu’à la corde les ficelles scénaristiques craquent une à une sous le poids  de cette bluette inoffensive et inodore qui refuse de regarder la mort dans les yeux. 

Après un Stuck in Love de  triste mémoire en 2012, Josh Boone aborde le registre de la comédie romantique avec la finesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Annoncé aux commandes de l’adaptation de Lisey’s Story de Stephen King, on tremble déjà d’effroi devant le traitement que le « yes men » risque d’accoler aux thématiques de la maladie et du deuil que partagent ensemble  Nos étoiles contraires et Lisey’s Story. Transformer l’œuvre du King en guimauve indigeste aurait tout d’un véritable cauchemar pour cinéphile.

Durée : 2h05

Date de sortie FR : 20-08-2014
Date de sortie BE : 18-06-2014
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 26 Juin 2014

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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