Critique de film
Rec 4

En 2007, lors de sa sortie dans les salles Rec avait apporté un peu de sang neuf au sein de la production horrifique de l’époque. Bien que très routinier dans ses ressorts dramatiques, le film de Paco Plaza et Jaume Balagueró se démarquait par un traitement formel novateur du film de morts-vivants. Tourné en caméra subjective à la manière du classique Cannibal Holocaust ou du Projet Blair Witch, Rec était surtout un pur projet de mise en scène, entièrement structuré autour du point de vue du journaliste relatant les faits. Adaptation officieuse du mythique hit de Capcom Resident Evil, cette nouvelle déclinaison cinématographique s’emparait des codes du « survival horror » pour proposer au spectateur une expérience inédite à la croisée des chemins entre le jeu vidéo et le cinéma.

L’heure du bilan
 

Sept ans et trois films plus tard, la parenthèse se referme avec un quatrième opus en forme d’enterrement de première classe qui laissera un goût amer aux admirateurs de la première heure.
Après un épisode 3 qui délaissait le concept de base de la franchise pour braconner maladroitement sur le terrain de la comédie horrifique, Rec Apocalypse continue dans la même lancée en abandonnant le processus de narration à la première personne sans jamais réussir à se réinventer.

Bis repetita
 

Pour son retour aux commandes de la saga Jaume Balagueró renoue avec l’atmosphère poisseuse et sanguinolente du premier Rec mais sans en retrouver l’intensité ni l’originalité. Avec son titre accrocheur, Rec Apocalypse promettait de voir l’épidémie gagner en ampleur mais dès les premières minutes le film enferme le spectateur dans les coursives d’un bateau et rejoue la partition du premier film avec son vieil immeuble délabré et ses longs couloirs plongés dans l’obscurité. Le changement de décor n’a aucune incidence sur le récit et opère comme un remaniement d’ordre cosmétique.

Prévisible et mécanique Rec 4 se contente d’énumérer le cahier des charges habituel du cinéma de genre avec son lot d’incohérences narratives. L’uniformisation de la franchise autour de codes éculés  sonne comme un renoncement de la part Balagueró vis-à-vis des fondements mêmes du premier film. Entre fan service et références appuyées à la saga Alien, Rec Apocalypse manque cruellement d’ambition artistique.

Après l’excellent Malveillance, on espérait voir Balagueró embrasser un spectre plus large du cinéma de genre, plutôt que de capitaliser sur un des titres phare de sa filmographie. Si l’apocalypse n’est pas au rendez-vous, une chose est sûre les mort-vivants sont désormais aux commandes de la série et semblent avoir eu raison de leur créateur.

Durée : 1h36

Date de sortie FR : 12-11-2014
Date de sortie BE : 12-11-2014
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 09 Novembre 2014

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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