Critique de film
Selkirk

Selkirk, la véritable histoire de Robinson Crusoé est un film d’animation en stop motion qui a la particularité d’être le premier à avoir été réalisé en Uruguay. Il est l’œuvre de Walter Tournier.

Difficile d’exister dans le monde de l’animation dominée outrageusement par Dreamworks, Disney-Pixar et Ghibli.  Walter Tournier fait ce qu’il peut, comme Wes Anderson avec son Fantastic Fox. Malheureusement le réalisateur n’a pas sous la main un scénario aussi brillant que celui d’Anderson quand il décide d’adapter cette histoire du marin écossais Alexander Selkirk (1679-1721) qui inspira directement l’écrivain Daniel Defoe pour son Robinson Crusoé.

Tournier se sert du stop motion pour animer ses figurines en bois assez statiques mais il double le stop motion d’images en 3D numériques assez laides pour planter le décor aquatique. La première partie du long métrage prend d’ailleurs place sur un bateau naviguant en pleine mer où le corsaire Selkirk est guidé par sa soif d’un trésor. Epris du jeu et des paris, il se met l’équipage à dos et après avoir passé le Cap Horn est abandonné sur une île déserte.

Si la première partie du film est séduisante, la surprise initiale du mouvement particulier de ces figurines et l’aspect artisanal touchant de l’entreprise laissent place à une relative indifférence quand le corsaire se retrouve isolé sur une île. L’empathie est difficile à créer pour un personnage en bois peu expressif et ses rares compagnons (chat, perroquet et chèvres) n’affichent aucun caractère particulier.

Dans la première partie de l’aventure dite marine, les personnages existaient de par leurs différences, le capitaine aigri et acariâtre, le marin bigleux, le personnage féminin travesti. Tournier veut appuyer la critique de la société qui pervertit les hommes en l’opposant à la vie solitaire où les vraies valeurs de l'existence s’exposent naturellement. L’entreprise naïve est louable, le problème principal vient de la durée relativement courte de l’exposition de la seconde partie au regard de la première. Selkirk est surtout filmé en train de pêcher, faire du feu et de parler tout seul. Son cheminement personnel et son travail intérieur sont difficilement perceptibles à l’œil nu, tout comme le bonheur relatif de son ermitage.

Pour conclure, l’histoire se mord un peu la queue mais le film de Tournier reste tout de même un petit bijou de créativité artisanale ovniesque dans le paysage très cloisonné de l’animation. La mise en scène accouche par instant de belles trouvailles. Alors si vous êtes curieux, ne vous en privez pas. 

Réalisateur : Walter Tournier

Acteurs : (Indisponible)

Durée : 1h15

Date de sortie FR : 09-01-2013
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 10 Janvier 2013

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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