Critique de film
Sicario
Depuis l'uppercut Incendies, chaque nouveau film de Denis Villeneuve est guetté de près, d'autant qu'Hollywood lui a mis le grappin dessus et que après Enemy et Prisoners, Sicario est le troisième film tourné en langue anglaise par le cinéaste canadien. Le retrouver en compétition officielle ne surprend pas tant une hype bienveillante et plutôt méritée entoure désormais sa filmographie.
 
 
Déjà vu
 
On regrettera que cette sélection intervienne pour un film assez convenu, qui ne renouvelle en rien le thriller sur fond de guerre entre les États-Unis et les cartels mexicains. On pense assez souvent d'ailleurs au Traffic de Steven Soderbegh, qui partage avec Sicario Benicio Del Toro dans un rôle similaire d'agent double possédant ses intérêts des deux côtés de la frontière. Ici, la CIA (incarnée à lui tout seul par le toujours bon Josh Broslin) a besoin d'une agent du FBI (Emily Blunt) pour faire tomber les pontes d'un cartel. Rien de bien nouveau à Hollywood en somme, et seule l'exécution du programme par le cinéaste semblait pouvoir valoir le coup.
 
Justement, le film est sincèrement efficace, dès une première séquence où les protagonistes découvrent en Arizona une cache avec des dizaines de cadavres cachés dans les cloisons murales. Des morceaux de bravoure comme celui-ci, le film n'en a pas beaucoup, mais chacun d'entre eux (le convoi sur l'autoroute, la descente en caméra thermique dans un tunnel) se révèle fantastique, et complètement hypnotisant. 
 
 
Exercice de style
 
On retrouve dans ces scènes la tension inhérente à Prisoners, mais contrairement à ce dernier, Sicario ne la manie pas sur le long-terme, accordant beaucoup (trop ?) d'importance aux jeux de pouvoir et de manipulation entre les personnages à travers des situations vues maintes fois ailleurs. Là où Prisoners profitait du barnum hollywoodien pour poser un discours ambitieux sur la société américaine protectrice et puritaine, Sicario, comme dit plus haut, enchaîne les passages obligés du genre et déçoit très vite dans le fond. 
 
Bien sur, Villeneuve n'est pas un tâcheron et sa mise en scène est souvent remarquable, et les comédiens assurent le métier haut la main. Mais si le film se regarde avec un certain plaisir, il n'arrive pas à la cheville de Prisoners ou Incendies, hautement plus ambitieux et désireux de renouveler les formes. 
 
Critique publiée dans le cadre du festival de Cannes 2015
 

Durée : 2h01

Date de sortie FR : 07-10-2015
Date de sortie BE : 14-10-2015
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Manuel haas
27 Novembre 2015 à 09h25

Les deux critiques ne sont tout simplement pas signés des mêmes rédacteurs. Sur un site de plus de 15 collaborateurs difficile d 'avoir les mêmes avis sur chaque film... cela ne s?appelle pas de la crédibilité mais de la diversité

stivostine
09 Octobre 2015 à 17h45

vous lui mettez 2 étoiles et affirmer : il n'arrive pas à la cheville de Prisoners, hautement plus ambitieux et désireux de renouveler les formes.

et Prisoners a que 2 étoiles aussi :

ce qui fait que vous perdez toute crédibilité, merci adieu....
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Critique mise en ligne le 19 Mai 2015

AUTEUR
Jérémy Martin
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