Critique de film
Star Wars : Episode VII - Le réveil de la force

Star Wars Again    

Poursuivi par un sombre dictateur vêtu de noir, un mignon droïde astromech contenant de précieuses informations s’échoue sur une planète désertique. Y faisant la rencontre d’une jeune personne dont l’indigence du mode de vie n’aura d’égale que sa soif d’aventure, il tentera de rejoindre la rébellion à l’ordre établi, à bord du Faucon Millenium. Au cours de ce voyage, les deux complices feront la rencontre d’Han Solo et de Chewbacca et prendront connaissance de l’existence de la force… Ce pitch, nombre d’enfants des seventies le connaissent, puisqu’il s’agit de celui de Star Wars épisode IV, long-métrage ayant initié, en 1977, la plus lucrative saga de space-opéra qu’ait connu l’Histoire du cinéma. Et, si le reboot n’est pas assumé mais se présente bien comme une suite, ce pitch devrait également marquer la génération 2015, puisqu’il constitue également celui de Star Wars épisode 7 : Le réveil de la force.  

De l’immuable mythologie         

Catalogue de clins d’œil à destination des fans de la saga, cet épisode initiant une nouvelle trilogie se voit confier pour mission de faire naître un nouveau mythe des résurgences d’une mythologie établie. Puzzle parfaitement assemblé, Star Wars épisode 7 semble au premier abord n’être composé que du recyclage des scènes cultes des précédents opus. Révélation filiale, batailles spatiales et destructrice étoile, aucune pièce ne manque et le respect de l’œuvre originale apparaît comme total. J.J. Abrams, aux commandes du Réveil de la force, ne semble jamais craindre de donner dans un fanservice à la cinégénie parfois caricaturale. Si bien que,  face à un tel premier degré et se laissant prendre au jeu, il est bien difficile de résister à l’émotion des retrouvailles avec ces iconiques personnages qui réenfilent leurs costumes après 32 années d’absence. S’adressant alors plus à la caméra qu’à son fidèle compagnon, Han Solo, de retour dans son célèbre Faucon Millenium, nous gratifiera d’un hâbleur « Chewie, we’re home ! », un peu trop symbolique de l’esprit du long-métrage.

A la naissance du nouveau mythe         

Et, si ce patchwork recèle quelque chose de terrible, tant il semble craindre d’effleurer une mythologie dont le réassemblage nuit parfois à la cohérence scénaristique (Il faut voir avec quelle facilité une poignée de rebelle vient à bout de la nouvelle étoile), il ne peut empêcher de laisser éclore les germes du nouveau mythe. Porté par Rey et Finn, deux orphelins en quête de reconstruction, ce dernier s’impose en ode à la volonté, à ce « struggle for life » américain qui invite chacun à s’initier par lui-même à la force et à la bravoure. Un message résolument destiné aux adolescents en quête de voyage initiatique et dont nous attendrons qu’il s’étoffe au cours des prochains épisodes, à l’image d’une intrigue politique qui, si elle se dessine durant Le réveil de la force, peine encore à y prendre totalement corps.      

   

Auquel il faudra maintenant insuffler une âme        

Avalanche d’effets numériques, Star Wars épisode 7 est bien le grand divertissement de l’année que Disney nous promettait. Ses épiques péripéties ne manquent jamais de souffle et accrochent petits et grands deux heures durant. Aussi serait-il malvenu d’estimer que J.J. Abrams a échoué dans son entreprise de résurrection de la saga. Hélas, sa réalisation – bien qu’efficace – manque souvent d’une âme, d’une patte, et laisse imaginer que le réalisateur s’est plus laissé porter par le travail de ses storyboarders que par une spontanéité ou un instinct. A quatre milliards de dollars le rachat de Lucasfilm, il était toutefois prévisible que Disney n’offre à son réalisateur – qui n’aura eu la charge que du premier des six films annoncés – qu’une marge de manœuvre des plus limitées face à un cahier des charges des plus exigeants. Aussi est-il heureux de retrouver le créateur de Lost, maître de lui-même, à l’occasion d’une séquence de guérilla urbaine sur Jakku, où le montage vif et les caméras au plus près des soldats leur confèrent une agressivité dont ils n’avaient jamais pu faire montre jusqu’ici. Et c’est encore lui que nous retrouvons à l’occasion de batailles au sabre laser, nerveuses, instinctives et refusant le tout-chorégraphique, dans la lignée des films d’action les plus récents (Les Batman de Nolan en tête). Nous nous prenons alors à rêver que Ryan Johnson, qui succèdera à Abrams et réalisera l’épisode VIII, saura se montrer moins sage, plus audacieux et nous livrer une copie de Star Wars capable s’émanciper de son faramineux budget pour mieux retrouver la pureté virginale de la première trilogie. 

Soleil Håkansson

Durée : 2h15

Date de sortie FR : 16-12-2015
Date de sortie BE : 16-12-2015
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :

Mathieu
24 Décembre 2015 à 03h38

L'énergie de la réalisation et des acteurs se rapprochent de l'esprit des originaux et les retrouvailles sont sentis. Harrison Ford en vieux Solo offre un jeu savoureux et les nouveaux acteurs sont dans le coup. Un peu dommage que le scénario veut absolument refaire le film de 77. Il y a quelque chose d'un peu boiteux dans le déroulement du récit, ce qui entraine quelques baisses de régime. Heureusement, on a droit à un «climax» réussi et une scène finale mythique (avec la musique superbe de John Williams). Bref, la nostalgie opère mais il faudra un EPISODE 8 plus créatif!
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 16 Décembre 2015

AUTEUR
Le Passeur Invite
[50] articles publiés
test
[en savoir plus]
NOS DERNIERS ARTICLES