Critique de film
Terminator : Genisys

 

Eclipsés par l'ombre écrasante des deux films de James Cameron, Terminator 3 : Le soulèvement des machines et Terminator Renaissance n'avaient pas su relancer l'intérêt du public des années 2000 pour une des franchises les plus mythique du cinéma de genre. Annoncé comme un retour au sources de la saga, ce cinquième épisode adoubé par James Cameron en personne est malheureusement un exercice de style assez vain qui ne cherche plus à raconter grand chose et se contente d'aligner les motifs narratifs et formels de la saga en les vidant de leur sens.

Copie non conforme
A mi-chemin entre le remake et le reboot des épisodes signés par James Cameron, Terminator Genisys joue la carte du clin d'oeil nostalgique au détriment de toute cohérence narrative. Exemple parfait du produit commercial à l'imagerie numérique impersonnelle, le film d'Alan Taylor revisite certaines scènes clés des deux premiers films mais ne fait qu'accentuer le fossé qui sépare l'original de la copie. Entre scènes coupées issues des travaux préparatoires de James Cameron et emprunts humoristiques embarrassants à la version longue de Terminator 2, Genisys avance en pilotage automatique et fonce droit dans le mur sans trouver son chemin.
Emblématique de la démarche hautement mercantile qui a présidé à cette entreprise de démolition, la répétition du plan sur les chaussures "nike" de Kyle Reese échappé du premier film sonne le glas d'une franchise devenue objet de consommation courante.

Le temps détruit tout
Dévoilé dans les dernières bande annonces, le sort réservé au chef de la résistance John Connor semble uniquement motivé par la volonté d'émuler le changement de statut d’Arnold Schwarzenegger entre les Terminator 1 et 2 mais n'apporte rien à l'intrigue. Formaté pour un public frileux biberonné à la nostalgie cinéphile ce nouvel épisode refuse d'affronter la dimension mythologique du récit imaginé par James Cameron et transforme une des plus grandes saga de SF en réunion de famille infantile et puérile. Dans les rôles emblématiques de Sarah Connor et Kyle Reese, Emila Clarke et Jay Courtney ressemblent à des versions obsolètes du T-800 incarné par Schwarzenegger. L'alchimie inexistante entres les deux comédiens rend impossible l'histoire d'amour que le film essaie maladroitement de sceller. Entre deux grimaces malheureuses, la prestation de Schwarzenegger qui assume pleinement son âge ravive néanmoins quelques authentiques frissons cinématographiques absents de ses derniers films. A 67 ans l'interprète de Conan et de Predator est certainement vieux mais pas encore obsoléte tout le contraire de ce Terminator Genisys.

Durée : 02h06

Date de sortie FR : 01-07-2015
Date de sortie BE : 01-07-2015
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 01 Juillet 2015

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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