Critique de film
The Bling Ring

Je propose que l’on se côtise pour payer un stage in the real life à Sofia Coppola. Bon dieu qu’elle est ennuyeuse depuis son magnifique Lost in Translation. Elle nous avait sans doute déjà abusés avec sa lente mélopée du suicide mais c’était passé relativement inaperçu, la faute à la surprise et à la nouveauté sans doute. Marie-Antoinette était ridicule, Somewhere exaspérant de vacuité et The Bling Ring est affligeant.

Sofia Coppola a grandi dans des hôtels, a côtoyé des gens superficiels, a eu un goût pour le suicide mais n’a jamais quitté le monde de l’adolescence, période la plus ingrate de l’existence, celle où l’on est le plus narcissique et le moins en phase avec le monde. Alors pourquoi s’y attarder pendant 5 films ? On se fout complètement de son gang de gosses de riches de L.A. qui existent en piquant des fringues à des people et en mimant des bouches en cul de poules sur leurs Iphones !

La pauvre Sofia a raté le premier convoi du début d’année. En janvier, Cantet nous a proposé sa version molle de Foxfire et en mars Korine nous a éclaté l’œil avec son psychédélique Spring Breakers. The Bling Ring c’est le gang de filles made in mise en scène cheap, bourrés de prises de vues de caméra de surveillance, de captures de webcams et d’images de journaux TV. Image hideuse, scènes redondantes de petites pestes qui enfilent des fringues et dévalisent des gardes-robes de bourgeoises en gloussant des « Oh my God a Prada, a Channel, Louboutin », scénario inexistant et interprétation calamiteuse... le gang de filles version Voici !

The Bling Ring ne raconte rien si ce n'est que nous sommes de la génération Facebook. Les ados friquées de L.A. s’emmerdent, Sofia Coppola aussi et ça se communique au spectateur. Il faut qu’elle se change les idées, qu’elle parte faire de l’humanitaire, qu’elle oublie son enfance et sa désespérante mélancolie adolescente. Emma Watson y est évidemment anecdotique comme toutes ses petites copines qui pavanent comme des accros du shopping qu’elles sont d’ailleurs dans la vraie vie. Qu’ont-elles d’autres à foutre qu’être des égéries du vide ? On notera pour être honnête une certaine tendance à l’autodérision, quelques saillies comiques du fait de la petite Emma mais c’est un grain dans un océan de stupidité. Et que cette histoire soit inspirée de faits réels ne la dédouane en rien !

Durée : 1h30

Date de sortie FR : 12-06-2013
Date de sortie BE : 12-06-2013
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Cyrille
13 Juin 2013 à 14h17

Tu es trop bon Dom, beaucoup trop bon.

Dominique
13 Juin 2013 à 12h39

Esthétiquement, le décès d'Harris Savides peut expliquer la photographie souvent bâclée du film. Le moins bon film de Sofia Coppola, certainement, mais je ne serais pas aussi virulent à son encontre. Oui, on se contrefout de ces jeunes, mais ils représentent un certain pan de la jeunesse actuelle, et pas forcément américaine. Y a deux trois points intéressants dans la mise en scène également - plan séquence pour un cambriolage, procès expéditif, ...

Cyrille
17 Mai 2013 à 14h26

C'est du copinage ça mon Pitu, surtout lorsqu'il s'agit du film d'ouverture d'une sélection, ici Un Certain Regard. Et soirée n°1 vécue hier. Bientôt dans les humeurs festivalières. Merci.

Pitu
16 Mai 2013 à 23h01

Tiens passeur comment ce genre de film passe la rampe de la pré-sélection (plus de 1800 films au portillon)?

Ok son nom est connu mais s'il faut prendre tous les films de noms connus, on ne s'en sortirait plus d'ailleurs pas mal d'autres sont restés sur le carreau comme tu l expliquais dans une de tes chroniques

allez amuse toi bien (et on veut au moins une soirée cette année :-) )
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Critique mise en ligne le 16 Mai 2013

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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