Critique de film
The Canal

Un homme, archiviste à la cinémathèque irlandaise, perd sa femme dans des conditions étranges et reste persuadé que c'est l'oeuvre du fantôme d'un meurtrier ayant commis son forfait un siècle auparavant dans sa maison. Présenté en ouverture par le directeur de l'Etrange Festival comme « le meilleur film de l'année » l'attente pour The Canal était donc à son plus haut. On imaginait un film sur un archiviste du cinéma qui repérait les coupables de ses malheurs dans les films qu'il visionnait, qui mélangerait le cinéma et la réalité. En somme, un film un peu réflexif et malin qui pourrait apporter un peu de fraîcheur au genre horrifique souvent trop formaté.

Canal Moins

Que nenni, il n'en est rien. Le film semble cocher, tel au bingo, toutes les cases obligées du film d'horreur contemporain. Nouvelle maison, bruits bizarres, enfant qui a peur des monstres, folie, meurtre... Une fois que l'on a dit ça, on a un peu tout dit tant The Canal est littéralement incapable d'apporter quoi que ce soit d'un tant soit peu nouveau ou original à son canevas de départ. Pourtant le métier du protagoniste principal n'a pas été choisi au hasard, c'est un homme d'images qui maîtrise le langage cinématographique, qui connaît même si l'on peut dire les écueils à éviter pour gérer son propre film d'horreur. Mais l'auteur n'en fait strictement rien, le pose là sans trop savoir qu'en faire. Ça aura bien un vague intérêt narratif, le personnage voyant des vieux films de la police, il réalise qu'un meurtre a été commis dans sa maison un siècle auparavant. Mais tout cela ne crée rien de très excitant, quelques visions tapies dans l'ombre, une scène au concept intéressant pompée sur The Ring et une folie progressive aussi soignée (belle photographie, gros travail sur le son) que stérile.

The Banal

C'est très loin d'être suffisant pour maintenir l'attention d'un spectateur qui attend beaucoup plus du cinéma d'horreur d'aujourd'hui. Il faut tout le talent d'un James Wan pour faire de The Conjuring, qui sur le papier n'est pas d'une originalité folle, un vrai ride de flippe. Tout tient à peu de choses en réalité mais c'est là que se terre le talent. L'instauration d'une ambiance, une précision absolue dans ses effets... C'est un talent qu'Ivan Kavanagh n'a pas. Alors le film n'est pas détestable, il est même plutôt touchant dans son entreprise assez humble de petit film d'horreur, on retrouve avec plaisir Rupert Evans (vu auparavant notamment dans les Hellboy) mais c'est loin d'être suffisant, encore moins devant un public acquis à la cause du cinéma fantastique qui aura plus de mal à pardonner l'absence de risques et la banalité. « Meilleur film de l'année » laissez-nous rire. Un pur produit générique fait avec honnêteté et passion sans doute mais qui défilera sur l'autoroute de l'horreur sans que personne ne se retourne pour le voir passer.

Durée : 1h32

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 10 Septembre 2014

AUTEUR
Grégory Audermatte
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