Critique de film
The Food Guide To Love

« La vie, c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber »... Si cette réplique n'est pas tirée du dernier film de Dominic Harari et Teresa de Pelegri, The Food guide to love, on est un peu dans le même sentiment en rentrant dans la salle. Sur un sujet archi-classique de comédie romantique autour de l’art culinaire, déjà vu notamment dans Le Goût de la Vie (Scott Hicks) ou Mange Prie Aime (Ryan Murphy), on se met à table prêt à faire frétiller nos papilles. Aux premières bouchées, il s’installe un goût amer, teinté d’une médiocrité périmée.

En hors d’œuvre, le synopsis est loin d’être arrivé à maturation. Olivier (Richard Coyle) est un critique gastronomique très réputé en Irlande. Il mène une vie professionnelle épanouie. Sur le plan personnel, c’est beaucoup plus compliqué car il n’arrive pas à trouver l’âme sœur. Accrochez-vous cher lecteur, il va faire la rencontre de Bibiana (Leonor Watling), écolo végétarienne. Une histoire d’amour impossible va peut-être (sûrement !) naitre entre eux…

Quel suspens, on est tous accroché à notre siège en attendant le plat de résistance. Il est vrai que l’idée de rassembler viandes et légumes pour les unir sous un même toit est un enjeu oh combien captivant et succulent pour le spectateur. En cela, le conflit scénaristique autour de la relation amoureuse est plutôt bouilli à la cocotte et tout effrité.

Si on parle du jeu d’acteurs, la métaphore « viande et légume », utilisée ci-dessus, peut également s’appliquer. Déjà vu dans des films de séries Z comme Outpost (de Steve Barker) ou dans des seconds rôles oubliés de bides planétaires, dont Prince of Persia : Les sables du temps (de Mike Newell), ce n’est pas avec sa dernière prestation que Richard Coyle va réussir à percer. Il joue platement un personnage sans vigueur ni attraction. Leonor Watling, aperçue dans Crimes à Oxford (de Alex de la Iglesia), ne vient pas au soutien de son partenaire pour relever le niveau. Elle est le faire-valoir discount d’une production qui n’avait pas assez de sous pour acheter une star, pourtant seule solution envisageable pour sauver ce film des clients mécontents et de l’échec commercial qui s’annonce.

Quelles sont les scènes cultes du film ? On hésite fortement entre celle où les amoureux se battent dans la cuisine à coups de ketchup-mayonnaise, terminant par un baiser très érotique dans la voiture du cuisto sous une pluie battante artificielle digne d’un déluge (allez en Irlande, il ne pleut jamais !!). On est arrivé à l’étape du fromage puisque cela sent le camembert. Pourtant, on s’enfonce encore dans le pire lorsqu’Olivier mange la mixture immonde de son père pour lui prouver tout son amour. Il arrive alors tout péteux (dans tous les sens du terme) pour reconquérir sa belle, partie avec un autre. Miam…le romantisme tel qu’on l’aime.

Arrivé au dessert, il y a deux mesures qui s’imposent. La première est d’appeler le service sanitaire pour qu’il censure ce film. La seconde est de faire intervenir Gordon Ramsay (le chef international de l’émission « cauchemar en cuisine »)  pour qu’il réhabilite les cuisines. Une purge s’impose. Bref, on adore : le film de l’année !


 

Durée : 01h31

Date de sortie FR : 18-12-2013
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 17 Décembre 2013

AUTEUR
Antoine Corte
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