Critique de film
Tomorrowland : A la poursuite de demain

Projet atypique au sein du studio Disney, Tomorrowland s’inscrit à contre-courant de la politique actuelle du géant de l'animation. Entre licence Marvel ou Star Wars et une refonte entière du catalogue classique de la firme en prises de vues réelles, le nouveau film de Brad Bird fait figure d'OVNI face à un studio qui n'envisage l'avenir que sous le prisme du passé. Film de contrebandier, Tomorrowland  s'ancre dans cette logique rétro et nostalgique pour mieux en pervertir les codes et les fondements. Inspiré de l'attraction foraine du même nom conçue par Walt Disney pour la foire internationale de New York en 1964, le film conçu par Brad Bird et le scénariste Damon Lindelof (Lost / Prometheus) est à des années lumières de l'esprit mercantile qui a présidé à la saga du flibustier Jack Sparrow, précédente adaptation phare d'une attraction Disney. Derrière la licence foraine, Tomorrowland  ne cherche pas à dépoussiérer les lettres de noblesse d'une attraction en perte de vitesse mais à renouer avec une certaine idée utopique du cinéma et de la société qui présidait chez Walt Disney avant de devenir une marque déposée.

Un nouvel espoir

Dès le générique de début qui détourne l'image d’Épinal du studio et son château de conte de fée pour faire place à la ville futuriste imaginée par Walt Disney, c'est l'esprit de pionnier et d'aventurier du réalisateur de Blanche neige et  Pinocchio qui est mis à l'honneur. À l'instar de son héroïne principale, intrépide et volontaire, Tomorrowland s'aventure hors des sentiers battus. Face à un George Clooney désabusé et enfermé dans la contemplation d'un monde qui court à sa perte, la candeur, l'innocence et l'optimisme de la jeune Brittany Robertson ne semble jamais factice et sert de moteur narratif à un film où la notion de découverte et d'aventure bouscule les attentes du public. Plus subversif que ne le suggère son statut de "blockbuster familial", Tomorrowland refuse de se complaire dans une version dystopique du futur et célèbre le pouvoir de l'imagination sur le réel. D'une éblouissante scène de décollage au cœur de Paris à un plan séquence étourdissant qui dévoile la cité futuriste de Tomorrowland, Bird propose une véritable alternative au déluge de destruction urbaine proposé par le reste du cinéma à grand spectacle.

Indestructible

Après l'examen de passage Mission Impossible: Le Protocole fantôme, Brad Bird prouve à nouveau sa totale maîtrise du cinéma en prises de vues réelles, en excellant tant dans la mise en place de scènes d'actions millimétrées à la frontière du cartoon-live (l'assaut de la maison de George Clooney par un commando d'androïdes) que dans une direction d'acteur qui ne fait pas l'impasse sur une véritable caractérisation des personnages et une évolution de leurs relations au cours de l'aventure. Si l'alchimie entre George Clooney et Brittany Roberton fait des merveilles, Bird réserve un traitement tout particulier à l'histoire d'amour bouleversante qui lie le personnage de Clooney à celui d'Athéna incarné par l'inconnue Rafey Cassidy. Clône troublant et juvénile d'Audrey Hepburn, l'actrice de 13 ans impressionne par la diversité des émotions que son sourire mutin laisse transparaître.

Parenthèse enchantée

Avec Mad Max Fury Road, Tomorrowland incarne une proposition de cinéma rare et euphorisante qui rompt avec la monotonie du cinéma hollywoodien actuel. Une troisième voie se dessine à l'ombre des rouleaux compresseurs Fast and Furious et Avengers. La route est encore longue mais à l'instar de l’héroïne du film de Brad Bird, il ne reste plus qu'à " nourrir le bon loup" et à s'aventurer dans l'inconnu.

Durée : 02h10

Date de sortie FR : 20-05-2015
Date de sortie BE : 20-05-2015
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Quepeutonregardercesoir
20 Juin 2015 à 12h17

Sympathique oui, mais je ne l'ai malheureusement pas trouvé "euphorisant" comme il est décrit ici... Un peu trop plat par moments à mon goût...
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Critique mise en ligne le 02 Juin 2015

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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