Critique de film
Tonnerre

Après le remarqué Un monde sans femmes, Guillaume Brac s’aventure sur le terrain du long métrage en retrouvant son acteur fétiche Vincent Macaigne. Tonnerre est le nom d’un petit village de Bourgogne dont l’atmosphère est captée avec un certain naturalisme. Macaigne tient le rôle de Maxime, un musicien paumé et sensible qui retourne vivre chez son père (le rozerien Bernard Menez) et qui rencontre Melody, une ravissante jeune fille dont il sera épris (Solène Rigot, la belle révélation de 17 filles). La première partie, avec ses dialogues très quotidiens, baigne dans un bon mood mi-léger, mi-mélancolique. Mais loin de se reposer sur ses acquis, Guillaume Brac ose la gravité dramaturgique en prenant des chemins plus sombres et inattendus, prenant le risque de faire effondrer son film dans une certaine artificialité.

 

Tel un coup de tonnerre, l’attirance de Maxime pour Melody devient de plus en plus passionnée et obsessionnelle. Guillaume Brac a acquis une telle complicité avec Vincent Macaigne qu’il refuse de l’enfermer dans le registre du doux agneau sensible et charismatique, de l’éternel romantique mal-aimé avec son humour décalé. En exploitant toute la fragilité sentimentale et inquiétante de son personnage, Brac lui permet d’étendre subtilement sa palette de jeu, sans forcer le trait, évitant de justesse la caricature du post-ado psychotique en manque d’affection. La composition de l’acteur n’en devient que plus étrange, comme si cette retenue qu’on lui connaissait n’arrivait plus à masquer le besoin d’extérioriser une certaine violence.

Si le scénario n’évite pas toujours les gros sabots, s’il risque parfois de déraper dans la mysoginie (heureusement évité par la touchante ingénuité de Solène Rigot), le film tient grâce à la façon dont il examine la relation père-fils, dont l’apparente tranquillité est faite de non-dits qui connaîtront une expérience cathartique assez extrême. Ce qui pourrait paraître explicatif et psychologisant (les échecs sentimentaux qui se transmettent de père en fils) est abordé avec une vraie compréhension intime, grâce notamment à l’émouvante douceur de Bernard Menez. C’est bien un monde sans femmes que décrit ici Guillaume Brac avec ce joli film sur l’absence tragique de la femme aimée.

Durée : 1h40

Date de sortie FR : 29-01-2014
Date de sortie BE : (date indisponible)
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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sarah
02 Novembre 2013 à 21h06

Formidable acteur Vincent Macaigne avec son naturel et son don nous fait vaoyager sur une histoire d'amour à rêver et nous fait encore rire, il est formidable Vincent Macaigne, allez voir le film , on aime cet acteur. Vrai c'est acteur fétiche ,
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Critique mise en ligne le 26 Août 2013

AUTEUR
Viguen Shirvanian
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Insatiable cinéphage qui aime les grands mélos lyriques, la Nouvelle Vague française, le pinku...
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