Critique de film
Trance

Sacré Speedy Boyle ! A peine remis de l’organisation des JO et du saut en hélicoptère de la reine d’Angleterre que le voilà aux commandes d’un long métrage qui renoue avec ce qui naguère avait fait son charme, le thriller à tiroirs, nerveux, pop et full of twist. Il s’est d’ailleurs, pour l’occasion, attaché les services du scénariste John Hodge, collaborateur de ce qui reste la quintessence de son cinéma, Trainspotting et Petits Meurtres entres Amis. Vous vous en doutez, je ne peux vous dévoiler cette histoire dans sa longueur, il y est question de rebondissements. En deux phrases donc : Simon (James McAvoy), commissaire-priseur se fait voler un Rembrandt par Franck (Vincent Cassel) qui est en fait son complice mais le second démonte le crâne du premier après que ce dernier ait voulu le taser. Simon, pris d’une grosse migraine, on le comprend, perd la mémoire et oublie où il a planqué le tableau. Franck fait alors appel à Elizabeth (Rosario Dawson), une médium qui par l’hypnose rendra la mémoire à Simon. Qui manipule qui, qui sait quoi, qui a oublié quoi, telles sont les questions qui définissent la mise en scène de cette BO survitaminée !

Le hic c’est que Boyle est encore engoncé dans une vision ludique du cinéma et l’aspect ludique l’emporte sur l’analyse des personnages, matière pourtant inépuisable du 7e art. Pour réussir à nous raconter cette histoire complexe en 1h40, Boyle est pressé, trop sans doute. On démarre par une longue voix off explicative et la fin du film envoyée à 100 à l’heure use du même artifice pour nous rejouer la chanson à l’envers en fin de parcours. Trance tente en vain la carte de l’émotion pour dépasser un propos déjà abordé avec succès par Nolan dans Memento. L’idée étant de retrouver la mémoire en même temps que le personnage principal. Pris par le temps et un cahier des charges visuel boulimique, Boyle échoue à développer des personnages crédibles. James McAvoy ne démérite pas, il est même excellent. Rosario Dawson dans un rôle prisonnier d’un sexisme accablant ne peut prétendre qu’à une exposition soutenue de sa plastique. Cassel quant à lui est un peu perdu, tenu à un rôle d’une passivité sidérante.

Le spectateur n’a plus qu’à se débrouiller avec cet objet furieusement inégal. Il peut soit accepter l’enjeu, c’est-à-dire essayer de savoir qui détient les clés du coffre de l’intrigue avant le dévoilement final (passe-temps honnête mais vite oublié) ou regarder une série de tableaux racoleurs avec complaisance sans se soucier de la fragilité du propos. On peut ainsi admirer la nudité frontale de Rosario Dawson, incarnation carnée d’une tendance solide du cinéma contemporain, à savoir... filmer la nudité féminine de face quand la masculine est souvent absente ou alors réduite à un torse, voire à une paire de fesses furtive. Du film et de son intrigue passagère, on ne retient finalement que ça, le corps de Dawson exposé comme un tableau. Oui parce que Boyle ne veut pas être accusé de voyeurisme primaire alors en mêlant son histoire à celle immémoriale de la peinture, il imagine doter son film d’une justification artistique. La peinture classique représentait des pubis imberbes, Boyle s’élève alors au rang des peintres classiques et s’en donne à cœur joie dans une absolue gratuité.

Petit film de braquage calibré, non dépourvu de certaines scènes visuellement très réussies, pour rassurer le spectateur pop-corn, Trance frôle constamment le ridicule en cherchant avec désespoir à donner une dimension émotionnelle à son sujet. Et comme souvent chez Boyle, ce n’est pas sa mise en scène ou son histoire qui libèrent cette émotion, ses personnages sont bien trop désincarnés pour y parvenir, mais bien son art du montage dopé à la musique. L’émotion c’est elle qui la délivre, pas l’image coincée entre un flou hypnotique et un rendu plastique proche des nanars érotiques des années 80. Le cinéma de Boyle est ringard alors qu'il cherche à rester jeune.

Durée : 1h41

Date de sortie FR : 08-05-2013
Date de sortie BE : 24-07-2013
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Emily
18 Février 2019 à 08h53

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Critique mise en ligne le 17 Avril 2013

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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