Critique de film
Wonder wheel

Wonder Wheel possède trois énormes qualités. Son décor, sa lumière et son actrice principale. Pour le reste, Woody Allen rejoue une énième partition de femme dépressive et hystérique qui ne devrait son sursaut qu’à l’amour, dans un hommage au théâtre qui vire au vaudeville.

Eclat de lumière

Il n’est pas faux de dire que le personnage principal de cette roue d’infortune est le sublime décor de fête foraine des années 50, grouillant de vie, tellement beau qu’on croirait voir une maquette. Il est encore plus naturel de souligner le travail du chef opérateur Vittorio Storaro, celui-là même qui donnait vie aux odeurs de napalm d’Apocalypse Now et plus récemment à l’ambiance feutrée du dernier Allen, Café Society. La beauté plastique de Wonder Wheel lui doit beaucoup comme la réussite de Café Society était aussi la sienne. La chambre orange de Ginny, les ombres bleues qui se posent sur son visage aux humeurs changeantes, les extérieurs à la plage, c’est beau mais comme parfois chez Woody Allen, ça prend vite des allures de carte postale, pour ne pas dire de cliché (cf. le triste épisode de visite guidée dans Midnight in Paris, béret, baguette et marinière).

Cate Blanchett était d’après la presse et les spectateurs l’atout de Blue Jasmine, dans un rôle qui permettait une démesure très cinétique des muscles du visage, plus simplement dit une grimace outrancière. C’était aussi la faute du sujet… une femme qui voit sa vie se déliter après le suicide de son mari et sombre dans la dépression à grand renfort d’anxiolytiques et d’alcool. Ça n’appelle guère à la mesure. Kate Winslet lui répond pourtant dans un écho plus feutré, moins grandiloquent, plus racé en somme. Pourquoi les comparer ? Parce qu’Allen répète ses personnages en dégradés fidèles. Deux femmes d’âge mûr, hystériques, dépressives avec des derniers plans qui se répondent, les deux actrices hagardes, parlant dans le vide, folles et désespérées.

Tourbillon de la vie

Même sans prendre conscience de la redondance des thématiques de l’auteur, et en ne jugeant le film que pour ce qu’il est, force est de constater que le scénario ne vole pas très haut. Une ancienne actrice devenue serveuse, qui s’ennuie dans un second mariage, tombe amoureuse d’un jeune maître-nageur (Justin Timberlake) qui se prend pour un auteur en assénant des phrases de philo pour les nuls. Elle a une aventure, cette pécheresse. Pendant ce temps, le mari, pêcheur à la ligne lui (James Belushi), retrouve sa fille unique (Juno Temple) qui avait disparu des radars après avoir épousé un mafieux. Ce dernier voulant lui faire la peau, elle est retournée sous les jupons de son paternel. Un vaudeville je vous disais, le jeune amant tombant amoureux de la belle-fille, et vous avez la mèche pour dynamiter le beau décor, surtout que le fils de la femme adultère est pyromane.

 

Durée : 01h41

Date de sortie FR : 31-01-2018
Date de sortie BE : 31-01-2018
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Critique mise en ligne le 22 Février 2018

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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