Critique de serie
Banshee

Il y a 30 ou 40 ans, le middle age man, par ailleurs bon père de famille et attaché aux valeurs qui ont construit notre société, aimait à s'encanailler dans quelques cinémas de quartiers. Sur l'écran, de la baston, des histoires simples, des jolies filles, un peu de fesses, du whisky, des cigarettes, des méchants aux cerveaux tortueux et sadiques. En 2014, plus besoin de faire le trajet jusqu'au grand écran du coin, plus besoin de croiser le regard de l'ouvreuse et les voisines offusquées. En 2014, il y a Banshee. En plus, c'est hyper-tendance de regarder Banshee ! Ça passe sur Canal!

Dans la série créée par Jonathan Trooper et David Schikler, il y a tous les ingrédients d'un bon B-movie sans prétention. Dans son bureau de grand manitou accoucheur de productions vénéneuses, Alan Ball a recyclé les ingrédients de ses précédents True Blood (perversion et filles à poil) et Six Feet Under (filles à poil et perversions) pour nous concocter une histoire machiavélique d'un gangster sorti de prison parti à la recherche de ceux qui l'y ont conduit.

Notre bonhomme (Antony Starr) en a bavé pendant ces longues années derrière les barreaux. Il s'y est aussi endurci au contact de malotrus sans foi ni loi, sauf celle du plus fort. Et oui, la prison c'est comme ça... Et sa vengeance sera sans merci. Mais ses adversaires le seront aussi... Dans sa quête, il débarque dans le comté de Banshee, quelque part en Pennsylvanie, patrie des Amish (gentils et naïfs) et de Kai Proctor (Ulrich Thomsen), religieux repenti et entrepreneur véreux (méchant et machiavélique). Il retrouve son ex-complice, par ailleurs ex-copine Anastasia (Ivana Milicevic). On couche, on couche pas? Crises de nerfs et crises de larmes en perspective...

Originalité de la série, c'est sous l'uniforme du shérif local qu'il débarque dans la cité. Cela pimentera le scénario et les relations complexes qu'il entretiendra avec les potentats locaux. Accompagné de deux sidekicks caricaturaux et sans réelle épaisseur (un vieux sage et un jeune geek), il affrontera les méchants dans d'homériques bastons très joliment chorégraphiées et aux quelques intentions gore, obligatoires en cette ère Game of Thrones...

Banshee, c'est donc cela: une construction narrative d'un total classicisme pour une histoire qui propose quelques rares audaces. Pour preuve, cette bagarre qui dure tout un épisode et qui fera le bonheur des fans d'action bourrine et vandammienne des 90s. Vous ai-je dit que les méchants sont ukrainiens, jouent aux échecs, ne sourient pas sauf pour ricaner et sont très, très cruels? Ah vous le saviez déjà...

Sinon, pas grand-chose sous le soleil de Pennsylvanie sinon qu'à nous convaincre que l'âme humaine est bien laide. Mais ça, les spin doctors l'avaient déjà compris! Pour les meilleurs d'entre nous, Banshee saison 1 est disponible en import (DVD et Blu-Ray) d'excellente facture. Saison 2 diffusée cette année aux US, en attente de sortie sur support physique et saison 3 en cours de tournage.

Durée : 0h52

Date de sortie FR : 11-01-2013
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 28 Juillet 2014

AUTEUR
Daniel Rezzo
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