Critique de serie
Halt and Catch Fire

Quelque part au Texas, dans les années 80, Société Cardiff Electrics… un visionnaire aux dents longues proche cousin de Bud Fox dans Wall Street, une geek géniale cheveux courts et mèche rebelle qui n’est pas sans rappeler Angelina Jolie dans Hackers et un nerd dépressif ingénieur en informatique, décalque sombre de la petite troupe de la Revanche des Nerds, associent, non sans difficulté, leurs talents pour créer un PC portable et amener l’informatique dans les foyers nord-américains. Le futur est en marche.

Assistant à la genèse de la révolution informatique, pénétrant les arcanes des égos et les coulisses d’une avancée technologique, le spectateur quarantenaire d’Halt and Catch and Fire se croirait perdu dans un rêve de jeunesse, un rêve forcément moins flou que celui de Mad Men, moins léché aussi, mais proche dans ses intentions, à savoir dépeindre une époque à travers une galerie de personnages archétypaux et interroger l’ambition des hommes de cette époque.

Outre le fait qu’elle est merveilleusement interprétée, Scott McNairy en tête, confrontant avec finesse les associations qui font la réussite d’un projet, la série propose une plongée assez fascinante dans le processus créatif. Programme, ergonomie, système d’exploitation, tout le jargon informatique prend soudainement vie sous nos yeux et fait sens, devenant la métaphore d’une vie rongée par un projet, arbre qui cache la forêt du désespoir de ne pas être accompli.

Outre la finesse d’écriture et l’absence de climax pompeux qui font souvent les marées d’une série, Halt and Catch Fire possède une mise en scène faussement sobre qui délivre par instants des purs moments de brio. Après une mise en place qui occupe les deux ou trois premiers épisodes, la mécanique s’installe, implacable, roue qui tourne de plus en plus vite avalant le temps pour le réduire à une deadline mortifère et à des enjeux antagonistes.

On finit par s’attacher à ces  geeks, démiurges d’une vie programmée qui va engloutir toute la société, bientôt connectée à des écrans pour combler les béances des solitudes additionnées. Rarement le processus de création n’a été aussi finement décrit, les renoncements qui l’accompagnent, les exaltations éphémères. L’American Dream prend du plomb dans l’aile mais il réserve aussi des instants de vérité, car dans tout acte créatif se joue le rapport intime de l’homme au Créateur et qu’on y croit ou pas, cette intimité toute personnelle rejaillit alors en doux murmures. C’est ce murmure que conte cette très belle série.

Les deux premiers épisodes de la saison 2 seront diffusés ce mercredi 16 septembre sur Canal Plus Séries. 

Durée : 0h42

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 09 Septembre 2015

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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