Dossier & ITW
Disney : la magie est-elle toujours d'actualité ?

L’histoire de Disney

Quand on parle du monde de Disney, on a en tête un univers merveilleux avec des longs-métrages qui ont su traverser les âges. Créée en 1923, The Walt Disney Company est progressivement devenu leader dans l’animation jeunesse en se lançant dans une stratégie d’entertainement globale, à travers des personnages emblématiques tels que Mickey, Minnie. Derrière la force du studio, on retrouve notamment deux hommes charismatiques qui ont doté l’entreprise d’un véritable savoir faire en matière cinématographique, capable d’alimenter la machine à rêve. Le premier est Walter Elias Disney, fondateur de la société avec son frère Roy. Avec la production de Blanche-Neige et les Sept Nains en 1935, il créé les bases de la féérie Disney dans un contexte mondial qui n’est pas au divertissement. Petite anecdote qui casse le mythe, la rumeur voudrait que Roy Disney ait présenté le film à Hitler. Ce dernier aurait été enthousiasmé par l’œuvre à tel point qu’aux derniers moments de sa vie, il dessinait des personnages de Walt Disney. Surfant sur cette envie de raconter des histoires pour les enfants, l’entreprise développe à un rythme effréné de nombreux films qui resteront des classiques, tels que Pinocchio (1940), Fantasia (1940), Bambi (1942), Cendrillon (1950) ou Alice au Pays des merveilles (1951).

A la mort de Walt Disney en 1966 pendant le développement du Livre de la jungle, l’entreprise est incapable de prolonger la magie sans l’esprit de son fondateur. Elle traverse une longue zone de turbulence et délaisse les grands projets pour se concentrer sur des films mineurs, comme Les aventures de Bernard et Bianca (1977), Peter et Elliott le dragon ou Les aventures de Winnie l’ourson (1977).

Michaël Eisner est le deuxième homme à avoir compté dans l’histoire de Disney. Prenant la tête du studio en 1984 dans une période difficile pour ce dernier, il va relancer la machine et provoquer un nouvel âge d’or. En 1989, la Petit Sirène renoue avec les grands classiques des années 1950, très vite suivi par La Belle et la Bête (1991) et Aladdin (1992). Le Roi Lion (1994) marque l’apothéose de l’âge d’or tant le film est abouti sur le plan scénaristique. Il est également le plus gros succès box-office pour Disney. Cependant, ce long-métrage marque le début des années de décadence. En effet, rongé par un écho surdimensionné et menant une politique salariale très dure, Michael Eisner se sépare de ses meilleurs éléments dont Jeffrey Katzenberg, président de la filiale animation depuis 1984, ce qui provoque une perte de créativité pour le studio. Depuis lors, on peut s’interroger si la magie initiale de Disney a définitivement disparu.

La magie des classiques, c’est quoi ?

La magie des classiques résulte de plusieurs éléments très caractéristiques. Tout d’abord, l’entreprise s’attache à créer des personnages attachants. Le studio utilise pour cela rapidement le mythe de la princesse, aux traits stéréotypés doux et féminins, afin que les jeunes filles puissent s’identifier et que les jeunes garçons en tombent amoureux. On retrouve notamment Blanche-neige, Cendrillon, Belle dans La Belle au bois dormant ou encore Ariel dans La Petite Sirène. Les hommes, en tant que héros, sont, pour une fois au cinéma, minoritaires avec par exemple Aladdin, Merlin, Peter Pan, Mowgli dans Le Livre de la Jungle ou encore Hercule. Le studio excelle également à humaniser des animaux mignons pour les placer en protagonistes, il s'agit de l'anthropomorphisme. Cela permet d’emporter directement la sympathie du spectateur comme avec Bamdi, La Belle et le Clochard, Dumbo  sans oublier l’égérie de la marque Mickey.

Chez Disney, le héros est confronté à un grand méchant, incarné grâce à des attributs qui marquent les esprits. Le potentiel maléfique de La Reine de Blanche-Neige n’est rien sans son miroir ou sa pomme. La Reine de Cœur dans Alice au pays des merveilles s’impose grâce à sa célèbre réplique « qu’on lui coupe la tête ». Enfin, si je parle d’un crochet, est-ce que vous n’avez pas tout de suite quelqu’un à l’esprit ?

La magie de Disney va être également incarnée par l’ascenseur émotionnel que propose chaque classique. On alterne entre moment de liesse et instants de tristesse. Par exemple, la scène d’ouverture du Roi Lion est une grande fête, ode à la savane africaine, contrebalancée par la scène terrible de la mort de Mufasa. La mort de la mère de Bambi a marqué les esprits de toutes les têtes. Devant un film Disney, on est confronté pour la première fois à des évènements tragiques mais c’est cette dureté qui va choquer l’enfant et permettre de garder en mémoire ces dessins animés.

De plus, le royaume enchanté est surtout…chanté ! Des mélodies efficaces, des paroles faciles à retenir, la musique est un ingrédient essentiel à l’univers Disney. Le studio collabore pour cela avec les plus grands : Céline Dion pour la Belle et la Bête, Phil Collins pour Tarzan, Elton John pour le Roi Lion. La chanson « Sous l’Océan » dans La Petite Sirène obtient même l’Oscar de la meilleure chanson.

Sur le plan technique, la magie de Disney est d’avoir su développer un savoir faire dans l’animation. De l’utilisation de celluloïd sur Blanche-Neige (feuilles de plastique transparentes, sur lesquelles étaient peints différents éléments d’un dessin animé) au numérique depuis La Belle et la Bête, les classiques de Disney ont une image singulière avec imperfections, témoins d’un travail dantesque des dessinateurs.

Le renouveau des classiques…

Si certains pensent que la magie de Disney est perdue depuis Le Roi Lion, c’est le moment d’exprimer son fort désaccord.

En effet, comme dans les diverses étapes de l’histoire de Disney, le renouveau de la magie dépend de l’impulsion d’une personne providentielle. Or, depuis janvier 2006, il semble que l’arrivée de John Lasseter, directeur de Pixar, à la tête du pôle animation Disney est relancé le studio sur des rails solides. Il prend notamment la décision de relancer la production de longs-métrages traditionnelles avec notamment La Princesse et la Grenouille (2009), Raiponce (2010) ou La reine des neiges (2013).

Ces films réempruntent les codes des classiques. La Princesse et la Grenouille (2009) est réalisé à nouveau en deux dimensions, alors que Disney avait plusieurs années auparavant décidé d’arrêter de produire avec cette technique qui lui avait pourtant valu son succès. On renoue également avec la « tradition » des chansons chantées par les personnages du film comme dans La Reine des Neiges avec la chanson phare «Let it go ». Enfin, on refait appel à des réalisateurs ayant auparavant collaboré sur les anciens films, comme pour la Princesse et la Grenouille réalisé par John Musker et Ron Clements, déjà à la direction de La Petite Sirène et Aladdin.

Si les princesses semblent de retour, elles ont évolué avec le temps. Tiana est en effet la première princesse afro-américaine. De même, Raiponce est une femme indépendante qui n’a plus besoin de personne. Les princes doivent désormais s’accrocher pour séduire les nouvelles princesses Disney.

Mais relancer une mécanique n’est pas toujours aisé. Si les rouages peuvent être rouillés, il semble que Disney s’améliore de films en films et sera capable de recréer des histoires à la hauteur de ses classiques d’antan. Pourtant, la magie actuelle de Disney n’est-elle que dans les contes de fée ?

Une évolution dans la magie de Disney ?

Si le conte de fée n’est peut être plus autant présent qu’avant dans l’univers de Walt Disney Studios, il semble qu’à l’instar de son public le studio ait évolué vers d’autres sources de rêves. Se basant désormais sur sa stratégie de rachat d’entreprise, le groupe se lance dans des acquisitions d’entreprises lui permettant de renouveler son univers.

Dès 1995, le groupe se développe dans l’animation de synthèse en partenariat avec le studio Pixar avec Toy Story. Voyant les bénéfices artistiques et économiques que peuvent apporter les films de synthèse, Disney décide de racheter en 2006 Pixar tout en se lançant dans un développement effréné avec Cars (2006), Ratatouille (2007), WALL-E (2008), Là-haut (2009). Ces films semblent être adaptés davantage aux rêves contemporains des jeunes enfants, moins féérique mais plus terre à terre. Pour cela, les œuvres Pixar se basent sur un triptyque Univers- Histoire- Personnage (voir notre article sur l’exposition Pixar).

En rachetant Marvel Entertainment en 2009, la magie Disney s’oriente vers un univers plus adulte, ponctué de bastons et de supers-héros. Avec des franchises ultra-populaires telles que Iron Man, Thor, Captain America, le groupe s’assure une rente quasi-certaine tant ces films sont populaires auprès du grand public mondial. Pour preuve, en 2012, The Avengers de Joss Whedon devient le troisième plus gros succès de l’histoire du cinéma mondial.

Il semble donc que le Groupe Disney a su évoluer en ne restant pas cantonné à ses classiques. Les stratégies mises en place avec l’acquisition de nouveaux studios, mais également le partenariat avec d’autres (ex : Jerry Bruckheimmer pour la saga Pirates des Caraïbes ou Lone Ranger, l’échec de ce dernier film lui a valu la résiliation de son partenariat avec Disney) le propulse dans de nouveaux univers assurant une belle rentabilité économique. En effet, les studios Disney viennent de dépasser le cap des 4 milliards de dollars au box-office mondial pour l'année 2013. Il s'agit d'une première dans l'histoire de Disney. Pourtant, le groupe reste confronté à plusieurs enjeux dont celui de garder une identité propre à travers l’ensemble de ces filiales. Une autre échéance de taille attend le studio mais elle se passe  « Il y a longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine… »

En ce moment à Paris : Exposition Pixar 25 ans d'animation

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 05 Décembre 2013

AUTEUR
Antoine Corte
[70] articles publiés

Pris au dépourvu entre premier ou dernier rang de la salle de cinéma, ma critique relève du m&...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES