Dossier & ITW
Lola Bessis et Ruben Amar

Pris dans l’engouement et l’euphorie de leur premier long métrage, Lola Bessis et Ruben Amar accordent au Passeur Critique un moment privilégié de confidences et d’anecdotes avant la sortie de Swim Little Fish Swim.

Comment vous est venue l’idée de tourner Swim Little Fish Swim ?

L’histoire de Swim Little Fish Swim s’est véritablement imposée à nous. L’idée, l’envie de faire un film nous est venue bien avant le pitch. Nous étions à New York, la ville nous inspirait et nous avons commencé à capturer tout ce qui nous entourait à l’aide d’un canon 7D, sans jamais vraiment penser à ce qu’on allait en faire ensuite. Et puis nous avions un court métrage qui circulait dans des festivals (Checkpoint), ce qui nous a donné l’occasion de voir beaucoup de films indépendants. Très souvent nous étions bluffés par leur qualité et le jeu des comédiens, et ce en dépit de faibles budgets. Alors au lieu d’être frustrés et de ne pas tourner, nous nous sommes motivés pour nous lancer dans l’aventure ; pourquoi pas nous ?  

Vous parlez de la qualité de jeu des comédiens, comment avez vous travaillé avec eux ? Quelle expérience retirez vous de la direction d’acteurs ?

Pendant un mois et demi, nous leur avons organisé des ateliers pour les guider et les accompagner dans leur appréhension des personnages. Au cours de ces ateliers, on les filmait au travers d’exercices, de situations à improviser qui faisaient partie de l’histoire, ou même du background. C’est essentiel pour voir la manière à laquelle ils se confortaient dans des situations réelles, mais aussi en tant que réalisateurs, pour avoir leurs voix en tête. Et en même temps, nous voulions rester très proches de qui ils étaient, de ce qu’ils avaient à l’intérieur. Dustin par exemple est réalisateur, et cela nous intéressait énormément de travailler également avec des non-acteurs, d’essayer de capturer leur spontanéité.

Pendant que vous filmiez, aviez-vous des références à l’esprit ? Un univers cinématographique ou artistique spécifique ?

Le cinéma new yorkais nous a beaucoup obsédé, celui un peu underground, à la Jarmush en passant par Spike Lee. Mais nous adorons également Godard et l’ambiance magique de ses premiers films, mais aussi les comédies musicales, c’est un peu un mélange de tout cela. Ce à quoi il faut rajouter notre expérience personnelle et toute l’influence du cinéma indépendant au sens large. Pour l’esthétique, nous avons cherché à recréer l’ambiance pop que nous aimons tant et qui correspond à nos personnages, de grands enfants. Finalement, c’est peut être même la petite fille la plus mature dans l’histoire.

Et vous, vous êtes de grands enfants ?

On fait des films fais pour être sûrs de ne pas grandir. C’est le plaisir de pouvoir s’inventer des histoires toute la journée dans des univers qui sont complètement fictifs.

Un passage du film tourne légèrement en ridicule un jeune critique d’art. En tant que réalisateurs, quel est votre rapport à la critique ? Et en tant que co-réalisateurs, êtes vous également dans cette démarche de confronter et de critiquer vos idées ?

La critique est souvent assez violente, or elle doit être constructive, même si négative. Parfois on est assez choqué de lire la dureté des critiques, ce à quoi on entend qu’il ne fallait pas s’exposer, pas vouloir créer, pas avoir la prétention d’apporter quelque chose. Entre nous, toutes les décisions ont été prises après de longues conversations et un accord commun à chaque étape. C’est important de faire preuve de sens critique, mais pour construire, pour avancer.

Pour les transitions par exemple, vous saviez dès le début la manière à laquelle vous vouliez les intégrer ?

Les moments de rêves ont été très creusés, on ne pouvait pas laisser au hasard ces séquences. Pour les vidéos expérimentales, nous avons travaillé en mix de super huit et de numérique. Initialement, ces inserts devaient être plus bruts, et la vidéo devait apparaître au moment où Lilas (Lola Bessis) filme. Mais finalement, cela cassait le rythme et nous avons décidé des les inclure en clôture de chapitres. Et pour rendre le caractère magique de ces vidéos, au travers desquelles Lilas capture quelque chose chez les personnages dont eux mêmes n’ont pas conscience, nous avons utilisé un filtre pour le rendu d’un aspect très flou.

La musique est un élément central dans le film, comment l’avez-vous choisie ?

Voilà un des heureux hasards du film ! Au cours d’un casting nous avons rencontré des personnes qui en plus d’être acteurs étaient également chanteurs. Ils sont venus avec leurs yukulélés et la magie a tout de suite opéré. Nous avons eu un véritable coup de foudre pour leur musique et leur avons demandé le nom de leur groupe : The Toys and Tiny Instruments. Là, tout a fait sens pour nous (cf. article Swim Lille Fish Swim. Le personnage principal fait de la musique à partir des instruments de sa petite fille).

La critique du film

Un grand merci à Lola Bessis et Ruben Amar pour cette délicieuse rencontre autour d’un film qu’on a aimé, et qui va, on l’espère, cartonner ! 

Photo copyright : ©Juliette Abitbol

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 02 Juin 2014

AUTEUR
Claire Demoulin
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