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21 Jours Ensemble

Efficace et touchant, 21 Jours Ensemble est un classique anglais que l'on se doit de découvrir. Jamais sorti en France, le film vient de connaître les honneurs d'une réédition dans la Collection des Maîtres chez Elephant Films.

S'il sort en 1940, le film est tourné en 1937. Et en 1937, Basil Dean est en fin de course. Le réalisateur a oeuvré dans le cinéma anglais principalement comme auteur de quelques succès du cinéma muet. Mais à seulement 50 ans, il décide d'arrêter. Et on retrouve dans 21 Jours Ensemble tous les tics et les caractéristiques du muet : mines expressives et expressionnistes, paucité des dialogues, caméra immobile. C'est peut-être pour cela qu'à l'arrivée du parlant, il ne trouve pas totalement sa place, préférant s'investir dans l'effort de guerre anglais puis dans la production.

En 1937, un duo d'acteurs s'apprête à tomber amoureux et à exploser aux yeux du monde. Vivien Leigh tourne ce film en Angleterre avant de filer vers Autant en Emporte le Vent. Laurence Olivier fait de même et prendra le même avion vers l'Eden américain et Les Hauts de Hurlevent. Avant de partir, les deux stars en devenir ont le temps de tomber amoureux sur le plateau mais l'idylle passe peu à l'écran. Pas de syndrome Bogart-Bacall sur Le Port de l'Angoisse tant la mise en scène s'avère classique et quelque peu guindée.

21 Jours Ensemble, c'est avant tout un scénario excellentissime d'un jeune talent, Graham Greene. Mêlant habilement romance, thriller et fable morale, l'écrivain fait preuve d'une habilité sans faille scotchant le spectateur de la première à la 72ème minute.

Wanda (Vivien Leigh) et Larry (Laurence Olivier) s'aiment. Plutôt réservés, les jeunes tourtereaux n'offrent à la vie que leurs compétences affectives. Coup de théâtre, le mari de Wanda refait surface après des années d'absence. Le zigoto veut de l'argent. Larry s'interpose et le tue accidentellement. Faible ou honnête, il avoue son crime à son frère, Keith (Leslie Banks, à la légendaire hémiparésie faciale). Ce dernier, carriériste et malin, s'apprête à conquérir la présidence de la Cour Suprême. Magistrat (in)juste et ambitieux, il conseille la fuite à son cadet. Larry se voit donc face à un dilemme. Se livrer à la police et risquer de danser au bout d'une corde ou fuir au bout du monde et risquer qu'un innocent paie à sa place. La bobine se concentre donc sur ce cas de conscience qui apportera maturité au jeune insouciant, confirmera la passion d'une jeune femme fragile et mettra à nu les ambitions malhonnêtes d'un haut magistrat.

Mise en scène un peu sage donc mais histoire parfaitement menée, 21 Jours Ensemble n'ennuiera jamais. En prime, il offrira au spectateur quelques jolies vues d'un Londres suranné et du Kursaal, mythique parc d'attraction du Southend. Etonnant quand on sait que le producteur, omniprésent sur le plateau, n'est autre que le mythique Alexander Korda, immigré hongrois mais capable de faire traduire sur grand écran le Londres de petites gens et des hypocrites.

La pellicule offerte n'est pas exempte de défauts. Les images s'avèrent un peu ternes, surtout dans les scènes nocturnes. Le son reste correct, malgré la présence d'un léger souffle. Mais Jean-Pierre Dionnet rattrape les choses dans une présentation sérieuse et très informée, qui nous prouve qu'il manie de mieux en mieux le prompteur et le noeud de cravate !

Durée : 01h12

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 01 Mars 2014

AUTEUR
Daniel Rezzo
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