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American Stories

Plus de 3 mois après le décès de Paul Walker, la sortie de l’inédit vidéo American Stories vient rappeler à nos souvenirs cinéphiles que la filmographie de l’acteur ne se limitait pas à la seule franchise Fast and Furious. Seconde collaboration avec le cinéaste Wayne Kramer qui lui avait offert le meilleur rôle de sa carrière avec La peur au ventre, American Stories est une nouvelle réussite qui rend amer face à la disparition prématurée de son interprète et au sort réservé au nouveau film de Wayne Kramer dans notre beau pays.

Disponible dans une édition vidéo au rabais, alors que le remake US de Banlieue 13 s’apprête lui à débouler dans les salles fin avril, le nouveau film de Wayne Kramer aura bien du mal à tordre le cou à l'image lisse et glamour du héros de la série initié par Rob Cohen. Derrière sa vilaine jaquette de « direct to video » American Stories est pourtant la confirmation du talent éclatant de son réalisateur, Wayne Kramer qui après Lady Chance, La peur au ventre et Droit de passage, s'impose définitivement comme un des plus brillant représentant du cinéma de genre actuel, doublé d'un directeur d'acteur hors pair.

A mi-chemin entre le film choral et le film à sketches, American Stories se divise en trois histoires distinctes qui trouvent chacune leur commencement dans la boutique d'un prêteur sur gage incarné par le débonnaire Vincent D'Onofrio. Le premier chapitre sobrement intitulé « The Shotgun » ressemble à une relecture réussie des premiers films de Guy Ritchie, sans les effets de style racoleurs propre à son cinéma. L'ensemble du casting défoncé au cannabis, pousse très loin le niveau de décontraction et d'humour non-sensique. La prestation de Paul Walker en neonazi philosémite fan de Jerry Seinfeld, se révèle hilarante de bout en bout. Petite mise en bouche avant le plat de résistance constitué par le second chapitre d'American Stories,« The Shotgun » est la preuve par cent que le « stoner movie » n'est pas condamné à l'échec pour peu que l'équipe derrière la caméra refrène sa consommation de stupéfiants.

Véritable morceau de choix et second chapitre de cette anthologie « The ring » signe le grand retour de Matt Dillon aux affaires en mari revanchard à la recherche de son ancienne épouse. Débutant comme un film d'escroc autour d'une bague laissée en gage, « The ring » se mue en vendetta hardcore avant de s'achever dans un final tétanisant à la croisée du film de zombie et du « women in prison » cher à Roger Corman. Avec le budget cantine des dernières productions Marvel, Wayne Kramer jongle avec brio avec l'imagerie et les codes du genre et accouche d'un final qui tord le cou aux clichés du film de vengeance.

Plus faible, le dernier chapitre centré sur les déboires d'un sosie miteux d'Elvis Presley revisite de manière moderne le mythe de Faust et entérine la dimension tragi-comique de l'ensemble du métrage. En émule déchu du King, le revenant Brendan Fraser fait des merveilles et assure, à lui tout seul, une grande partie du spectacle.

Avec une intelligence et un sens du divertissement qui fait souvent défaut aux productions actuelles du cinéma de genre, Wayne Kramer signe avec American Stories une des meilleures série B du moment. Plutôt que d’attendre le dernier volet de la saga Fast and Furious, ruez-vous vous sur cet inédit vidéo, qui sait faire honneur au genre et à la mémoire du regretté Paul Walker.

Durée : 01h52

Date de sortie FR : 12-03-2014
Date de sortie BE : 12-03-2014
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Critique mise en ligne le 24 Mars 2014

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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