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Bugsy Malone

Des silhouettes, la nuit, au cœur d’une ville humide, des longs manteaux un peu courts, des mitraillettes en plastique, un meurtre presque réel. Derrière quelques livres sagement rangés, le sirop coule à flot. C’est la prohibition. Sur scène quelques (très) jeunes nymphettes balancent leurs longues jambes au delà des têtes enivrées de (très) jeunes garçons. Derrière les voiles nocturnes de fumée transparaissent cristaux, diamants et complets croisés. Puis, une fusillade : des litres de crèmes fouettées tapissent les visages amusés. Bientôt, Bugsy Malone viendra venger l’affront.

On sent la noirceur du film d’époque désamorcée par une douce satire. Douce pour ne pas dire doucereuse tant la plaine de jeux prend le pas sur la mise en scène. Pourtant, la tradition y est et l’on peut se voir étonné de pareille audace venant d’un cinéaste adorablement dépassé mais utilisant généralement son talent à appuyer (parfois lourdement) des scénarios que l’on qualifierait gentiment de pompiers. L’audace donc, plus que toute autre chose. Le scénario ne laissant voir que peu d’intérêt et la mise en scène se limitant dans l’ensemble aux sublimes décors et à l’accompagnement des jeunes histrions très bons de loin (gestuelle, attitude), bien moins de près (visage et paroles), à l’exception bien sûr de Jodie Foster étonnante de maturité physique comme artistique. L’orchestration de Paul Williams à qui l’on doit notamment la partition de l’un des plus grands De Palma (Phantom of the Paradise), y est aussi essentielle.

Bugsy Malone c’est des enfants jouant aux gangsters sur pellicule. Une bande imprimée de rêves, d’ombres, d’humour et de chansons. Tout est fait pour y trouver son plaisir. Un amusement plein et serti de nostalgie de l’époque où gamins, nous jouions – Borsalino faisant foi – à celui qui serait roi, shérif ou gangster, dans les villes, dans les fermes ou au derrière des montagnes de charbon, lampant ce qui fût pour beaucoup une première cuite au bourbon.

Mais voilà aussi un film dont la finalité s’arrête au concept: une bande de gosses cabotinent affectueusement un film noir musical chanté par des grands. Et c’est, avouons-le, un peu maigre pour emballer ou émouvoir au delà de l’amour de l’enfance passée. Les dernières minutes en chanson atteignent pourtant (et enfin) le mélange bordélique des genres et l’apothéose impatiemment attendue. Un petit film auquel manquerait donc un grain de folie ou une réelle application des styles pour emmener le témoin de l’évènement au delà du spectacle scolaire vachement bien chanté et décoré.

Les galettes :

Pas de grosse prise de risque de la part d’Elephant Films, on connaît l’engouement (à notre sens, inexpliqué) autour de ce film mais la restauration est plus qu’honorable (on croirait le film sorti hier) et ravira les nostalgiques comme les enfants en quête d’histoires, d’aventures, de rêves à vivre et à penser.

Réalisateur : Alan Parker

Acteurs : Scott Baio, Jodie Foster, Florrie Dugger

Durée : 1h29

Date de sortie FR : 25-08-1976
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 26 Mars 2015

AUTEUR
Lucien Halflants
[129] articles publiés

Rédacteur aux textes ouverts à travers une forme souvent lyrique. Et puisqu'en matière de perce...
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