Sorties DVD et Blu-ray
Casa de Mi Padre

Quand donc Will Ferrel aura-t-il la place qu'il mérite de notre côté de l'Atlantique ? Il a fallu attendre une sortie confidentielle chez TF1 Vidéo, après pas mal de mois à prendre la poussière sur les étagères, pour voir apparaître cet improbable mais excellent Casa de Mi Padre. Alors que le monde vibre encore de son Anchorman 2 (Légendes Vivantes), que le rédacteur de ces lignes considère comme une de ses plus grandes réussites, la France résiste toujours à l'humour postmoderne de l'un des plus fantastiques clowns du 21ème siècle.

Et attention, Casa de Mi Padre ne tombe pas dans l'écueil de la comédie « pour rire », accumulant les sketches moyennement drôles, sur un scénario plus maigrichon que Gravity, emballant tout cela sur une mise en scène à la Candice Renoir.

Casa de Mi Padre est avant tout un projet personnel de Will Ferrell. L'idole a mis pas mal d'argent dans le projet, produisant la chose et assumant, comme à son habitude, le premier rôle. Toujours associé à Adam McKay, Big Will a décidé de s'attaquer au cinéma d'exploitation mexicain et a, pour cela, non seulement appris l'espagnol mais a tourné tout le film dans cette langue, étrange pour tout yankee habitant au nord de Denver, Colorado. Eh oui, Casa de Mi Padre a été projeté sous-titré sur tout le territoire américain, annonçant un succès plus que mitigé auprès de la population WASP mais suffisant que pour rembourser son budget auprès des Latinos.

Armando Alvarez (Will Ferrell) est un ranchero mexicain fidèle à son père et à ses pratiques ancestrales. Il parcourt les plaines du domaine, plus intéressé par les veaux que par les filles à marier. Ferrell endosse donc l'uniforme de cow-boy avec talent, ridicule comme jamais... Mais quand son frangin Raul (Diego Luna) revient au pays, accompagné de sa splendide fiancée Sonia (Genesis Rodriguez), les ennuis commencent. Car au Mexique, il y a la drogue... Et la drogue, c'est mal... Au point que Armando se voit impliqué dans une guerre sans merci contre le baron local Onza (Gabriel Garcia Bernal), très méchant, très riche et très amoureux de Sonia...

On serait déjà aux anges de voir Will affronter les méchants fesses à l'air, parlant de sa teub et lâchant de temps en temps un léger pet. Mais Casa de Mi Padre tente le triple salto. Et ça démarre doucement par des décors en carton-pâte, des faux raccords gros comme le bateau de la Croisière s'amuse dans le port de Puerto Vallarta et des indignes peluches en guise d'animaux sauvages. A la réalisation, Matt Piedmont, fidèle de Ferrell, réinvente la parodie, immergeant son film dans le bis mexicain. Les couleurs sont chaudes, à l'image des productions latinos bas de gamme des 70s. Les scènes folles s'enchaînent. Ca n'a parfois ni queue ni tête mais c'est toujours hilarant. On tutoie le surréalisme lors de cet interlude où un panneau nous délivre le soi-disant mea culpa de l'assistant-réalisateur, incapable de shooter une scène de combat animal.

Le côté Telenovelas est assuré par une romance version nachos où la magnifique Genesis Rodriguez donne de sa personne lors de scènes d'amour qu'elle partage avec un mannequin en plastique du meilleur effet.

Drôle au premier, au deuxième et au troisième degrés, accumulant les audaces de mise en scène, Casa de Mi Padre captive de bout en bout. Jamais, on n'a vu un tel procédé en France. D'autant que Ferrell inonde la bobine d'un score aux petits oignons. Le Whiter Shade of Pale de Procol Harum subit un lifting assez étonnant. Et comme à son habitude, le maestro pousse la chansonnette nous offrant une incroyable parodie kitsch de la variété mexicaine vintage.

Le DVD n'est pas avare de bonus intéressants, avec fausses pubs et scènes coupées. Grand moment de n'importe quoi, Casa de Mi Padre dépasse sans difficulté les médiocres Scary Movies et autres niaiseries et s'installe au côté des Airplane ! et Naked Gun comme les plus grandes réussites du genre.

Durée : 01h24

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 03 Mai 2014

AUTEUR
Daniel Rezzo
[185] articles publiés

Petite route du Nevada, inondée de soleil. Deux personnes au bord de la route. Contraste. Homme jeune, atti...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES