Sorties DVD et Blu-ray
Ciné Fumetti

Et pendant ce temps, Artus continue son travail de déminage du patrimoine bis mondial. Notre éditeur préféré a ainsi lancé une série Ciné Fumetti, qui compte à ce jour quatre titres, disponibles depuis le 4 juillet.

Les fumetti sont ces bandes dessinées italiennes qui connurent un immense succès dans les années 60, peuplant le cerveau des hommes de la classe moyenne d'historiettes mêlant jolies filles, méchants garçons et intrigues à la James Bond. Plus qu'un succès, les fumetti (« petites fumées », en voilà un nom poétique pour les phylactères), se vendaient par millions dans les gares où se pressaient les fonctionnaires avides de découvrir, dans leur train de banlieue, les aventures de Diabolik, Satanik ou Kriminal...

Le cinéma ne pouvait pas passer à côté. L'industrie de la pellicule, à l'époque prospère, s'empara donc de ces héros de papier pour en faire des héros de celluloïd, avec des fortunes très diverses. Epiphénomène que les fumetti sur grand écran, qui ne connurent pas la postérité du giallo, mais qui jouissent aujourd'hui d'un tendre retour en grâce...

Satanik (1968) de Piero Vivarelli (1/5)

Premier DVD de la série, Satanik nous révèle la plastique de Magda Konopka. La belle n'est belle que parce qu'elle a profité d'un sérum rajeunissant. A l'origine scientifique et moche, elle supplie l'inventeur du procédé de lui injecter l'élixir de jouvence. Refus éthique du découvreur. Sans sourciller, elle achève le bonhomme, se fait un shoot et devient... Satanik ! Enfoncés Nivéa et Laroche-Posay ! Démarre alors une aventure classique où la belle, perverse de surcroît, use de ses atouts pour régler ses comptes... A ses trousses, les flics sont bêtes à manger du foin et se posent de longues questions, pipe aux lèvres et verre de bourbon à la main. Le reste ne vaut pas tripette et ce n'est pas le réalisateur, Piero Vivarelli, qui fera des miracles. Certes le budget est assez serré mais les longs tunnels de dialogues débiles, les poses lascives de Magda et son maquillage exécrable de scientifique moche enfoncent une mise en scène qui n'en est pas une... On sauvera quelque peu la musique, pop mais vite agaçante, qui emballe les longues scènes de boîtes de nuit ou de danse folklorique (moment indigent, voire gênant, pour le modeste spectateur). Sauf une bonne cuite entre copains amateurs de kitsch, Satanik ruinera vos soirées. Satanik, c'est Katastrophik !

Ca n'empêche pas Artus de faire le job et de nous proposer, en bonus, un livre du docte Alain Petit « Super Héros Super Vilains » et deux docs alternant le passionnant et l'anecdotique.

Kriminal (1966) de Umberto Lezzi (2/5) et Le Retour de Kriminal (1968) de Fernando Cerchio (3/5)

Budget plus confortable, ambition évidente, Kriminal date de 1966 et est en fait le premier fumetti à être adapté sur grand écran. Devant la caméra du légendaire Umberto Lezzi (un des papes du bis transalpin), évolue le dénommé Kriminal (Glen Saxson), avide de bijoux et de grande vie. Sa particularité est son costume de squelette qui lui permet d'effrayer les grands-mères et de se glisser n'importe où, si possible là où s'accumulent bijoux et autres biens de valeur. Kriminal, le film, est du bon boulot. Lezzi, déjà très pro, balade ses héros, coproduction oblige, un peu partout en Europe. On se perd quelque peu dans ce scénario à tiroirs, qui fait intervenir de splendides jumelles (Helga Liné), des assureurs anxieux et un commissaire haut en couleur (Andrea Bosic). Jouant la carte pop et joyeuse, introduisant des éléments graphiques issus de la BD, Lezzi nous concocte un joli divertissement sans prétention.

Deux ans plus tard, Le Retour de Kriminal reprend les mêmes acteurs et s'avère supérieur au premier volet de la série. Aux manettes, Fernando Cerchio prend un peu de distance avec son héros, quelque part entre Fantômas et Arsène Lupin, injecte un peu d'humour et fluidifie son récit. A l'arrivée, ce deuxième volet est une vraie réussite !

A noter les excellents bonus des deux galettes car nos amis d'Artus ont eu l'occasion de rencontrer Umberto Lezzi, volubile en détails techniques ainsi que David Didelot, qui nous dit tout sur le bonhomme et l'évolution du genre.

Superargo contre Diabolikus (1967) de Nick Nostro (2/5)

Superargo contre Diabolikus est une jolie petite chose aussi culte qu'indigente. Superargo (Ken Wood, dont on ne verra jamais le visage) est un catcheur déprimé. Il a tué son adversaire lors d'un match et ne désire plus remonter sur le ring. Pas de chance pour les fans car, outre d’impressionnantes capacités physiques, notre ami possède des super-pouvoirs qui le rendent invincible. Pas de chance également pour le monde car Diabolikus (Gérard Tichy), savant fou de profession, a trouvé le moyen de transformer le plomb en or et décide d'utiliser son magot pour s'attaquer à son ennemi, la finance mondiale.

Pour racheter sa faute, Superargo acceptera d'affronter le super-méchant qui, heureusement, est super-débile... Loin de singer les super-héros américains, Superargo entreprend une « quête » (le mot est exagéré, on n'est pas dans Le Seigneur des Anneaux..) plus personnelle qu'altruiste. Sorte de 007 en collant et slip moulant, notre héros use de quelques gadgets et abuse, en toute correction, de jolies filles... Premier degré assumé de bout en bout, scénario faiblard et absurdités narratives font le sel de cette mini-pépite mise en scène par l'artisan besogneux Nick Nostro. A regarder donc en famille, à condition que le gamin goûte à votre humour. Digipack classieux d'Artus et bonus très rigolos !

Série passionnante à défaut d'être essentielle, la collection Ciné Fumetti vient donc enrichir un catalogue qui, lentement mais sûrement, fait d'Artus un des éditeurs européens les plus intéressants !  

Durée : 06h05

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 19 Août 2014

AUTEUR
Daniel Rezzo
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