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Cinq pour l'enfer - Deux salopards en enfer

Actualité double pour Artus film cet été avec la sortie de deux films de guerre italien, à la gloire du grand Klaus Kinski. Dans la droite lignée du succès des Douze salopards de Robert Aldrich sorti deux ans plus tôt, Cinq pour l'enfer et Deux salopards en enfer s'aventurent en territoire ennemi avec un Klaus Kinski impérial, aussi à l'aise en colonel nazi qu'en soldat américain.

En territoire ennemi

Si Cinq pour l'enfer peine à se démarquer de son modèle américain, avec son escadron de gueules cassées et son château à infiltrer hérités du chef d'œuvre de Robert Aldrich, le film de Gianfranco Parolini demeure une agréable découverte, riche en action bondissante et servie par un casting 4 étoiles constitué d'habitués du genre. De l’ancien catcheur Samson Burke (Totò contre Maciste) au cascadeur Aldo Canti (Sabata / Le retour de Sabata), l’action est au rendez-vous et ne faiblit jamais. Face à eux  Kinski vêtu à la mode Hugo Boss, collection printemps-hiver 1945, traverse le film de sa présence fielleuse et libidineuse avec le sourire aux lèvres. Parolini compense son manque d’originalité par un sens consommé du timing et quelques belles idées scénographiques, notamment lors d’une scène de séduction entre le comédien allemand et la délicieuse Margaret Lee, où la caméra de Parolini dévoile au spectateur toute la duplicité du personnage de Kinski. Le savoir faire artisanal de la réalisation est malheureusement entaché par un humour bas du front et une bande originale laborieuse qui tirent Cinq pour l'enfer vers le bas de la production du cinéma exploitation de l'époque sans pour autant rendre le film de Parolini infréquentable.



L'enfer est pour les héros

Toujours imparfait mais plus réussi, Deux salopards en enfer de Tonino Ricci inverse les rôles et donne à Kinski l'occasion de revêtir l'uniforme d'un soldat de l'armée américaine à la moralité défaillante. Condamné au peloton d'exécution pour meurtre et sauvé in extremis par l'intervention d'un commando allemand, Kinski doit faire équipe avec un autre paria (Ray Saunders) et le lieutenant chargé de leur mise à mort (Georges Hilton). Violent, âpre et porté par l'interprétation flamboyante de Kinski, Deux salopards en enfer s'écarte des rails du film de guerre classique pour s'aventurer sur le terrain du récit initiatique et du drame. Tonino Ricci interroge la part d'humanité restante de ces soldats marqués par les horreurs de la guerre et qui ont sombrés dans la folie. Totalement hypnotique Kinski éclipse le reste du casting et compose un personnage d'anti-héros pathétique dont les derniers instants restent en mémoire longtemps après le générique de fin.

Efficace dans sa narration, Deux salopards en enfer montre ses limites dans sa seconde partie où le trio investit un petit village italien et est accueilli en héros. Entre un Kinski découvrant l'amour dans les bras d'une villageoise peu farouche et un Ray Saunders devenu père de substitution pour un jeune orphelin, la rédemption semble cousue de fil blanc. Magnifié par la photographie baroque du chef opérateur Sandro Mancori déjà à l’œuvre sur Cinq pour l'enfer, Deux salopards en enfer reste cependant un film à découvrir tout affaire cessante.

Présenté à l'unité, dans deux belles copies au format Scope 2.35, en version française et en version originale italienne sous-titrée, les deux films sont accompagnés d'un entretien avec le dessinateur Curd Ridel qui revient de manière détaillé sur la biographie de chaque intervenant. A noter que certains rares plans de Cinq pour l'enfer semblent provenir d'une source inférieure au reste de la copie proposée.


 

Durée : 01h35

Date de sortie FR : 05-06-2015
Date de sortie BE : 05-06-2015
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Critique mise en ligne le 01 Août 2015

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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