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Destination Planète Hydra-Frankenstein contre Dracula

Rentrée sous le signe des invasions extraterrestres pour Artus films avec deux opus mineurs du cinéma d’exploitation des années 70 ! Embarquement immédiat pour la vallée des songes avec Destination planète Hydra du vétéran Pietro Francisci, plus habitué aux torses luisants et musclés des Hercule, Samson et Ulysse. A mi-chemin entre le détournement parodique et l’authentique nanar selon le choix de pistes sélectionnés en début de visionnage (la version française relevant du sabotage hilarant), Destination planète Hydra distille un parfum suranné évoquant plus l’âge d’or du serial (Buck Rogers ou Flash Gordon) que le renouveau de la SF des années 60 (2001 : l’odyssée de l’espace / La planète des singes).


Destination planète cupidon

Loin de l’élégance d’un Mario Bava et de sa Planète des vampires tournée un an plus tôt, Destination planète Hydra joue ouvertement la carte du divertissement bis et régressif sous influence « flower power ». Le jeu de l’amour et du hasard prend le pas sur l’aventure spatiale avec l’envoûtante Leonora Ruffo en capitaine de vaisseau extraterrestre et la délicieuse Leontine May en ingénue aspirante actrice. En bon érotomane, Francisci préfère s’attarder sur les courbes de son casting féminin que sur les détails rocambolesques de son intrigue qui voit une équipe de chercheurs scientifiques et d’espions chinois embarqués dans un voyage intergalactique sans retour. L’exploration de l’espace est limitée à deux sorties hilarantes hors de la navette où quelques trampolines placés hors du champ de la caméra serviront à simuler l’apesanteur. Témoignage d’une époque révolue où les charmes de Vénus prévalaient sur la conquête de Mars, Destination planète Hydra reste une curiosité désuète mais non sans charme.


Et mes jambes, tu les aimes mes jambes ?

Il était une fois le fantastique espagnol

Avec l’inénarrable Paul Naschy dans le rôle du lycanthrope Waldemar Daninsky, Dracula contre Frankenstein participe à la lente réhabilitation d’un des artisans les plus singuliers du cinéma d’horreur espagnol. Fasciné par l’âge d’or du cinéma fantastique des studios Universal, l’ancien catcheur Paul Naschy aura dédié l’ensemble de sa carrière à la célébration des plus grandes figures de l’épouvante. De Dracula au Fantôme de l'Opéra, celui que la presse surnommait le Lon Chaney ibérique pour son goût prononcé du travestissement aura marqué de son empreinte indélébile le cinéma de genre espagnol des années 70 aux côtés de Jess Franco (Les nuits de Dracula) et de Narciso Ibañez Serrador (Les Révoltés de l’an 2000).


 

Monstres en mauvaise compagnie

Abusivement titré Dracula contre Frankenstein, cette réunion au sommet de Dracula, Frankenstein, du loup-garou et de la momie n’est en réalité que le troisième volet de la longue série des Waldemar Daninsky et ne laisse que peu de place aux compagnons du célèbre loup-garou. Le mariage entre science-fiction et fantastique réunissant extraterrestres et monstres de la Universal ne sert de prétexte qu’à une accumulation de séquences décousues où l’interaction entre Dracula et ses comparses est réduite à son strict minimum. Entre maquillage à la limite du ridicule et pseudonymes navrants (le monstre de Frankenstein apparaissant ici sous le nom de « Farancksalan» pour des raisons de droits), le rire s’invite plus souvent que l’effroi. Seul rescapé de ce bal des maudits, le loup-garou incarné par Naschy bénéficie d’un véritable soin apporté à chacune de ses apparitions et de la prestation habitée et fiévreuse de son interprète principal.

Disponibles séparément dans deux belles copies et agrémentés d’interviews facétieuses de l’indispensable Alain Petit, Destination planète Hydra et Dracula contre Frankenstein ne devraient pas dépareiller dans votre prochaine soirée pizza-mescaline. A visionner dans un état second pour en apprécier toutes les saveurs.


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Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : 10-09-2015
Date de sortie BE : 10-09-2015
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Critique mise en ligne le 29 Octobre 2015

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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