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Horror Hospital

Toujours en quête d'outils plus efficaces pour guider vos choix, le Passeur va droit au but. Pour apprécier Horror Hospital, qui vient d'être réédité par Artus en même temps que le glorieux Sang du Vampire, il faut remplir un certain nombre de conditions. Si vous les satisfaites, n'hésitez pas. Déboursez les quelques euros nécessaires et goûtez aux délices sanglants de la campagne anglaise. Sinon, passez votre chemin.

Voici donc les critères établis par nos statisticiens maison.

1. Sang. Amateurs de liquides corporels, Horror Hospital est pour vous. Dans son vieux manoir, le Dr Storm (Michael Gough) guillotine de jeunes gens puis manipule leurs corps pour en faire de gentils zombies dociles, amateurs de gymnastique et de galipettes moins avouables. Pour ce faire, ça gicle avec générosité. Le sang est clair, donc peu effrayant. Plutôt fraise que myrtille, il est le signe d'un film qui ne se prend pas au sérieux.

2. Indulgence. Qualité indispensable pour apprécier la bobine. Série B sans prétention, Horror Hospital dispose de peu de moyens et de peu de comédiens. Mais ce petit monde s'affaire avec talent et bonhomie sous la baguette d'Antony Balch, le réalisateur. On pardonne les faux raccords et les quelques errances (voire les incohérences) scénaristiques.

3. Rock'n Roll. Le neuneu de service s'appelle Jason Jones (Robin Askwith), quelque part entre Mick Jagger et Xavier Delluc. Il décide de prendre quelques jours de vacances après avoir vu une de ses chansons massacrées par un groupe de rock. On est en 1973. Entre Queen et Black Sabbath, les premières minutes du film nous plongent dans les vapeurs enivrantes de l'époque bénie du rock.

4. Scream Queen. En route vers le manoir promis à son nécessaire repos, Jason rencontre la jolie Judy (Vanessa Shaw). C'est avec ce duo qu'on pénétrera dans le manoir, hôpital peu hospitalier, tenu par l'effroyable Dr Storm. Elle porte bien son nom, Vanessa. Elle n'hésitera pas à se dévêtir pour prendre une douche salvatrice et pour accueillir les paluches de son compagnon. Enfin, elle hurlera à tout bout de champ pour nous rappeler que le film fait peur.

5. Jardins à l'anglaise. Ces jeunes gens tentent de s'enfuir. C'est bien normal. A cette occasion, le spectateur profitera de longs plans descriptifs sur les jardins, excellemment tenus par le personnel du docteur. Lenôtre n'a qu'à bien se tenir !

6. Nains. Je vous sens déjà frétiller. Eh oui, le majordome du Dr Storm est un nain (Skip Martin). Il a même un nom, Frederick. Qu'il est drôle quand il essaie d'atteindre une serrure, trop haute pour lui ! Un long plan nous le décrit tentant de se débarrasser de deux méchants... Ce qu'on rit !

7. Daft Punk. Le Dr Storm dispose, comme tout bon dictateur, d'une (petite) armée de cerbères. Rarement plus de deux à l'écran, ils se chargent des basses besognes et récupèrent les têtes découpées çà et là. Le rapport avec Daft Punk ? Ils sont affublés en permanence de casques de moto. Le duo versaillais s'est, de toute évidence et c'est un scoop, autant inspiré de Horror Hospital que de Giorgio Moroder.

8. Cabotinage. Au panthéon de Horror Hospital, il y a deux figures bien connues du cinoche anglais. Michael Gough a rejoint ses zombies en 2011, après avoir fait partie de l'écurie de Tim Burton (Sleepy Hollow, les Noces Funèbres). Dennis Price, figure ultime du bis, comme à son habitude, cachetonne et cabotine sans vergogne.

9. Science. Lecteurs assidus de Science et Vie, vous ne serez pas déçus. Horror Hospital manie avec talent différentes théories. On y parle de conditionnement (le Dr Storm était un collaborateur de Pavlov), d'électronique, d'électricité, de commande sans fil, d'eau chaude et de pâte à tartiner. Horror Hospital est un divertissement, certes, mais surtout une réflexion passionnante sur le rapport de l'Homme à sa finitude.

10. Clic-clac, Chevallier et Laspalès. Dans le bonus, le docte Alain Petit revient avec gravité sur l'accouchement de cette oeuvrette. Il le fait avec panache mais le propos est assombri par une collection de DVD, au centre de laquelle trône un coffret des deux humoristes. Enfin, le Passeur suggère de remplacer le canapé clic-clac sur lequel s'est installé notre expert par un fauteuil club, si possible en cuir, histoire d'accentuer le sérieux indispensable à la fine analyse de l'oeuvre.

Fier de ma note (8/10), je décerne donc trois excellentes étoiles à cette petite bande culte du cinéma de quartier !

Durée : 01h25

Date de sortie FR : 16-04-1974
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 16 Juin 2013

AUTEUR
Daniel Rezzo
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