Sorties DVD et Blu-ray
L'espion qui venait du surgelé

 


Misère misère… L’Espion qui Venait du Surgelé (Dr Goldfoot and the Sex Bombs, 1966) subit un passage au micro-ondes et nous revient sous la forme d’un DVD édité par nos amis d’Artus. Production alimentaire d’un Mario Bava déjà au firmament de son art horrifique (La gars a déjà tourné Six Femmes pour l’Assassin et Les Trois Visages de la Peur, excusez du peu), l’Espion… est la séquelle encombrante et quelque peu honteuse d’un premier Dr Goldfoot and the Bikini Machine dont le grand Vincent Price nuançait le propos plus qu’absurde et inutile. Mais bon, le film avait bien fonctionné en Italie. Les pontes d’American International Pictures ont donc l’idée incroyable de retenter l’aventure sur ces nouvelles terres d’élection transalpines. 

Faut donc remettre le couvert et attirer les foules dans les salles obscures. Comment y parvenir? Et bien, en convoquant Franco Franchi et Ciccio Ingrassia! Les stars de l’époque du gag visuel occupent tout le métrage de leurs farces idiotes, de leur humour slapstick, malheureusement aux antipodes des sublimes Stooges. Affirmer que l’Espion Surgelé est indigeste va sans dire et dès le générique, peut-être la meilleure partie du film pourtant, on comprend à quelle sauce le spectateur va être dévoré. Et telle une béarnaise ratée, la sauce tourne vite… et mal… 

On aurait préféré passer au rayon frais plutôt que d’être orienté vers le rayon surgelé car Franco et Ciccio usent et abusent de gags vintage dignes des pires heures d’Harold Lloyd, épicées d’humour, souvent graveleux, parfois xénophobe, mais sans saveur. De cette purée qui ne titille ni les papilles gustatives ni les zygomatiques, Bava assume son rôle et tente de lier un ensemble totalement bancal.

Car il y a une histoire! En tout cas, il y a un menu, tenu par le Dr Goldfoot (adorable et cabotin Vincent Price) qui veut faire péter la cuisine, et, pourquoi pas?, le monde entier. Pour ce faire, il met au point des robots sexy qui explosent dès qu’on les embrasse. Les donzelles, jolies plantes élevées à la mozzarella, aussi expressives qu’une pizza margherita, laissent le champ libre à leur chef de rang, le Dr Goldfoot en personne. Pour rehausser le goût du combat entre le Bien (le Dr Goldfoot) et le Mal (dix généraux de l’Otan, à moins que ce ne soit le contraire), Franco et Cicchio multiplient les séquences navrantes, telle cette poursuite interminable d’un diplomate chinois, plus embarrassante que plaisante.

Bref, tout cela ne prend pas. Les gags sont effarants et l’histoire s’éternise comme une repas dominical chez belle-maman. On comprendra aisément que les producteurs ont voulu faire deux films à partir d’un seul, laissant les inepties de Franco et Cicchio au public italien et valorisant Price pour le marché international. 

Ce sont les deux versions que nous offre Artus, toujours à la pointe de la cinéphile déviante, sans compter une interview exhaustive du spécialiste du genre Eric Perretti. L’Espion… rejoint sans peine la collection Ciné Fumetti déjà riche de jolies perles qu’on défend ici

Pour être honnête, L'Espion qui Venait du Surgelé m’a davantage conquis que L’Espion qui Venait du Froid et son histoire incompréhensible. En tout cas, la dégustation d’un bon chianti est indispensable car ce doux flacon fait passer tous les aliments, même s’ils sont mal dégelés. 

Durée : 01h22

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 07 Juin 2015

AUTEUR
Daniel Rezzo
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