Sorties DVD et Blu-ray
La fille de Jack l'éventreur

Le pitch : Suite au terrible assassinat d’un médium, le professeur John Pritchard recueille une jeune fille qui travaillait pour la victime. Assez vite il apparaît que cette dernière n’est pas totalement innocente dans le drame et pourrait être la descendante de Jack l’éventreur.

En 1971 après avoir dépoussiéré les grandes figures du cinéma d’épouvante, du comte Dracula au baron Frankenstein, le célèbre studio anglais connu des fantasticophiles sous le doux nom de Hammer décidait de s’en aller braconner sur le terrain de chasse du légendaire et mystérieux Jack l’éventreur. Mise à mal par les morts-vivants de Georges Romero et le bébé démoniaque de Mia Farrow, la firme anglaise cherchait à renouveler son catalogue et à retrouver les faveurs d’un box-office en berne.
Malheureusement derrière son parfum de nouveauté, La fille de Jack l’éventreur conjugue à l’imparfait tous les ingrédients fétiches qui ont fait le succès du studio sans en retrouver la saveur d’origine. L’ombre du baron Frankenstein et de sa créature plane sur la relation entre le professeur Pritchard et sa protégée mais le scénario s’enlise assez vite dans une mécanique de « slasher » au détriment d’un véritable approfondissement des personnages.

Tourné dans les décors de la très respectable Vie privée de Sherlock Holmes, le film bénéficie cependant du savoir-faire de son réalisateur Peter Sasdy solide artisan du cinéma fantastique qui offre à La fille de Jack l’éventreur quelques saillies horrifiques du plus bel effet. L’ouverture du film en forme de chasse à l’homme jongle avec brio avec l’imagerie gothique des productions de la Universal ou de la Hammer et installe la nature monstrueuse et l’influence néfaste du personnage de Jack l’éventreur sur sa progéniture. Peter Sasdy utilise des codes du cinéma de genre pour construire un Jack l’éventreur à mi-chemin entre l’homme et la créature; l’atmosphère de lynchage qui habitent ces premières minutes renvoyant directement aux hordes de villageois réunis aux portes du château du comte Dracula ou arpentant la lande à la recherche du loup garou. Au rayon des curiosités sanguinolentes, les amateurs se délecteront également d’une très belle scène d’énucléation qui préfigure celle de L’enfer des zombies du grand Lucio Fulci.  

Loin derrière les grands classiques de la Hammer signés Terence Fisher ou John Gilling, La fille de Jack l’éventreur reste une honnête série B, symptomatique des errements de sa maison mère (1) mais qui en possède encore le charme suranné. En attendant de voir édité en haute définition d’autres titres majeurs de la Hammer sur notre territoire, cette nouvelle édition de La fille de Jack l’éventreur devrait faire patienter les cinéphiles hexagonaux.

(1) Contrairement à ce que qu’avance Alain Schlockoff dans les bonus du beau combo bluray-dvd édité par Elephant Films, le climax n’a pas été tourné en la cathédrale St Paul mais en studio comme en témoigne une rétroprojection hasardeuse.

Vous pouvez retrouvez ici les critiques du Cirque des vampires, de La comtesse Dracula et des Sévices de Dracula  également édités par Elephant Films dans sa collection Hammer Films.

Réalisateur : Peter Sasdy

Acteurs : Eric Porter, Jame Merrow, Angharad Rees

Durée : 01h21

Date de sortie FR : 19-03-1972
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 14 Juin 2014

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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