Sorties DVD et Blu-ray
Sabotage

Même si il n’est en rien l’adaptation cinématographique du tube mythique des Beasties Boys, Sabotage ressemble à s’y méprendre  au clip de Spike Jonze, le second degré en moins. Remplacez les perruques et les postiches par quelques doses de stéroïdes et un attirail militaire dernier cri et vous aurez une petite idée du naufrage que constitue le dernier film d’Arnold Schwarzenegger.

Vendu comme une variation autour des « Dix petits nègres » d’Agatha Christie, Sabotage aurait bien eu besoin d’un onzième nègre pour peaufiner les trous béants de son scénario rédigé à la sulfateuse.
Déjà coupable des scripts nullissimes de Hitman, The A-Team et des dernières mésaventures du lieutenant John Mc Clane en Europe de l’Est, Skip Woods porte à nouveau très haut le flambeau du blockbuster bidon de lessive. De sa mise de départ incohérente, où nos fiers agents d’élite sont accusés d’avoir volé  10 millions de dollars en liquide chez un trafiquant de drogue et où le décor finit en cendre (on applaudi le comptable qui a su démêler les billets détournés de leur  petits frères en lambeaux) aux motivations débiles du tueur, Skip Woods montre toute l’étendue de son absence de talent.

Derrière la caméra, le réalisateur David Ayer n’est pas en reste et enfonce le clou d’un spectacle qui fait bien peine à voir. Treize ans après Training Day dont il signait le scénario, il serait grand temps de faire le bilan des promesses non tenues de la filmographie  de cet ancien de l’U.S Navy. Pour un sympathique U-571 qui bénéficiait de son expertise de scénariste et de sous marinier, combien de Dark Blue  S.W.A.T, Bad Times ou Street Kings qui faisaient miroiter un renouveau du polar « hard boiled » avant de se dégonfler comme des baudruches une fois les lumières éteintes. Le cinéma de David Ayer, surjoue jusqu’à la caricature les poncifs du cinéma de genre sans jamais en écorner l’image et en se vautrant dans une beaufitude de bas étage.  Si Arnold Schwarzenegger sauve un tant soit peu les apparences, en surfant sur le fantasme d’une époque révolue, le reste du casting doit composer avec une caractérisation des personnages dont le leitmotiv pourrait se résumer au tatouage en forme de bite qui orne le dos d’un des protagonistes. Ici point de subtilité, on joue la carte du café du commerce avec son lot de blagues en dessous de la ceinture et de considérations existentialistes sur la taille du service trois pièces de l’ancien gouverneur de Californie.

"La légende raconte qu'elle serait au moins de cette taille"

A ce niveau de renoncement Sabotage montre bien le fossé qui sépare le cinéma de David Ayer  de ses modèles, comme si l’élève n’avait  jamais dépassé la puberté et oubliait que le cinéma dont il se réclame ne se contentait pas de rouler des mécaniques pour impressionner son public, mais travaillait en profondeur le rapport d’indentification de ce dernier à des figures en marge du système et loin de tout conformisme.
Pas sûr que ces dix petits nègres 2.0  jouent dans cette catégorie.

Durée : 01h49

Date de sortie FR : 07-05-2014
Date de sortie BE : 07-05-2014
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Critique mise en ligne le 24 Octobre 2014

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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