Sorties DVD et Blu-ray
The Innkeepers

Le film de maison hantée est un genre particulièrement apprécié des amateurs de terreur psychologique, de lentes montées de tension, de grincements de porte et de sursauts salvateurs. The Innkeepers, qui sort en DVD et Blu-ray le 28 août, ne fait pas exception. Dans le film, point d'entrée en matière brutale, point de tripaille généreuse. Ti West, le réalisateur, préfère une disposition narrative très progressive, sans délaisser un final qui ne déplaira pas aux horror fans de base.

On aime Ti West depuis son magnifique House of the Devil, hommage tendre et viandesque aux bandes VHS des années 80. Le passeur engage ici ses gentils lecteurs à se précipiter sur cette juteuse histoire diabolique et affectueuse.

Après le désastre Cabin Fever 2, qu'il renie avec fermeté, West s'attella en 2011 à une nouvelle histoire de maison hantée qu'il écrit en quelques jours. Originalité de l'entreprise, l'équipe s'installe, dort et mange dans un vrai hôtel, le Yankee Pedlar Inn, quelque part dans le Connecticut, qu'on dit « vraiment » hanté. Toutes les scènes y sont tournées, faisant des couloirs étriqués et du lobby au décor vieillot des personnages à part entière.

Dans le film, le Yankee Pedlar Inn accueille ses derniers clients avant sa démolition. On fait les caisses, on vide les chambres, on condamne un étage... Deux employés assurent le service. Claire (Sara Paxton) et Luke (Pat Healy) sont de braves réceptionnistes. Un peu geek, un peu glandeurs, ils assument leur tâche avec gentillesse mais avec un léger manque de professionnalisme. Plus occupés à gérer leur blog dédié à d'hypothétiques phénomènes paranormaux, ils oublient d'équiper leurs quelques hôtes en serviettes.

Ti West est, lui aussi, un geek qui a digéré ses nombreuses influences (The Innocents, Les Créatures de l'Ombre, Amityville, The Shining, Poltergeist) mais qui leur offre un hommage déférent. Il use des mêmes techniques sans les dépasser ou les regarder avec dédain. Le second degré est absent. C'est avec tendresse que West regarde ses glorieux anciens. Et c'est très bien comme ça ! La première heure, que certains plumitifs considèrent comme trop longue (il ne se passerait rien...), nous fait suivre le quotidien de Claire et Luke. C'est souvent drôle, parfois tendu mais jamais ennuyant. L'excellente direction d'acteur est à souligner tant Sara Paxton incarne avec justesse une post-ado immature qui trouve, dans la traque de phénomènes paranormaux, un sens à sa petite vie.

Est ensuite convoquée Kelly McGillis (oui ! celle de Top Gun!) qui interprète une actrice en bout de course, amatrice de vodka et médium à ses heures perdues. Respectueuse même si quelque peu ironique, la caméra s'attarde sur les ravages du temps chez une ex-sex symbol.

Lorsque la tension atteint son comble, le spectateur, attaché à ces personnages qu'il a appris à connaître, suit avec inquiétude leurs mésaventures et craint une issue fatale...

La galette éditée par TF1 vidéo est parfaite techniquement. Le travail sur le son est exceptionnel et remplira vos enceintes de bruits inquiétants. On n'en dira pas autant des bonus qui, à part un commentaire intéressant de West, consistent en un making of de 7 minutes où l'on apprend que Sara Paxton aime les chiens. Passionnant!

L'été 2013 verra donc nos lieux de vie envahis de crapules (You're Next) ou d'esprits malfaisants (Conjuring : les dossiers Warren). Nom de Dieu, même chez soi, on n'est plus en sécurité... 

Durée : 01h42

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 10 Août 2013

AUTEUR
Daniel Rezzo
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