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Un jour de chance

Ca démarrait pourtant bien ! Roberto, un publicitaire au chômage échoue à un nouvel entretien. Extrêmement déçu pour sa femme qui a toujours cru en lui, il veut lui faire une surprise en l’invitant dans l’hôtel de leur lune de miel. Une fois sur place il constate que l'hôtel est devenu un musée à ciel ouvert. Malheureux jusqu’au bout Roberto fait une chute en déambulant entre les travées. Immobilisé au sol avec une barre métallique qui lui perfore le crâne, l’homme devient l’attraction des médias et des badauds de la ville. Il imagine alors monétiser une interview exclusive afin de rentabiliser son malheur.

Alex De La Iglesia, aficionados de la comédie grinçante (on se souvient du boursouflé et sans nuance Balada Triste), s’emploie dans Un jour de chance (La Chipsa de la Vida) à reprendre la trame du Gouffre aux Chimères de Billy Wilder (1952) dans lequel un journaliste peu scrupuleux s’emparait du malheur d’un mineur coincé dans un tunnel effondré. On se souvient également des 33 mineurs coincés au Chili et dont la sortie après plus de deux mois avait été couverte par plus de deux milles journalistes. Ce fait divers est d'ailleurs cité dans le film de l'espagnol.

De La Iglesia pousse le vice plus loin en essayant de négocier la mort de l’homme immobilisé afin de vendre son exclusivité d’interview au prix coûtant. C'est la mort qui fait vendre ou l'idée de celle-ci, par contre qui se souvient encore du nom des mineurs chiliens et qui parle encore d'eux aujourd'hui ? Personne, parce qu'ils s'en sont sortis vivants. 

Le début du film est séduisant, il surfe sur une certaine tonalité surréaliste, Roberto (joué par l’impeccable José Mota) est un homme au bout du rouleau, contraint de mendier un travail auprès de ses amis. Son épouse (la sérieuse Salma Hayek) est une femme compréhensive qui encourage plus qu’elle ne condamne. Jusqu’à la chute de Roberto et à son immobilisme, Alex De La Iglesia échappe à ce qui avait rendu Balada Triste vulgaire : cet épanchement visuel et cette morale d’une lisibilité effrayante.

Il retombe dans ses travers quand il s’agit de dépeindre le grand festin du voyeurisme. Tous les personnages sont caricaturaux, le gentil gardien de musée, le méchant Maire de la ville, l’agent véreux, le propriétaire de médias entourés de filles de joie négociant la mort par téléphone, la famille éplorée avec le fils gothique prêt à sacrifier ses godillots si son père trépasse. Aucune émotion, aucun crescendo…la pellicule reste immuablement statique, linéaire et lourdingue. La critique sociale, satire poussive, n’accouche d’aucune réflexion sensible, d’aucune épaisseur. C’est sur ce rien que le film s’échoue. 



 

Durée : 1h35

Date de sortie FR : 12-12-2012
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 03 Mai 2013

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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